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The Dandy Warhols

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    Et là, le plafond est tombé. Littéralement.

    Trois jours après que The Dandy Warhols aient fini d’enregistrer leur neuvième album, Distortland, un flot de plus de 6 000 litres d’eau a fait s’effondrer le toit du studio des Dandys, remplissant le lieu d’eau de pluie et de morceaux de toiture vieux de 80 ans. Si cela s’était produit quelques jours plus tard, les Dandys auraient été en tournée et les deux mois d’humidité qui auraient suivi auraient détruit tout leur matériel. Eh bien, comme tout bon comédien le sait, c’est le timing qui fait tout.

    « Tout notre truc, c’est un dérivé désorganisé du fait d’être vivant. », dit Taylot-Taylor. « Donc notre musique, c’est une désorganisation organisée. » En effet, ça l’est. Les Dandys ont toujours mélangé de façon spectaculaire ce qui est pur avec ce qui est inhabituel, le rythmique avec l’imprévisible, la poussière avec ce qui reluit. Depuis leur début en 1994, ils ont traversés et dépassés des climats musicaux changeants en présentant des pensées qui ne s’embourbaient pas dans la censure et qui ne filtraient pas leur art. Faisant de la musique depuis Portland dans l’Oregon pendant plus de vingt ans, Les Dandy Warhols, composés de Courtney Taylor-Taylor (voix, guitare), Zia McCabe (claviers), Peter Holmstrom (guitare), et Brent DeBoer (batterie), sont partis pour des tournées mondiales, ont eu des singles qui sont devenus des hits et se sont même emparés de la scène pendant les émeutes Grecques. Ils ont résisté aux changements du vinyle et de la cassette au CD et du CD au digital, des flyers en papier aux réseaux sociaux, et ont travaillé avec des grosses maisons de disques tout en restant une unité en pure synergie.

    Distortland, d’une certaine façon, a été un heureux hasard avant le désastre – avant que la pluie battante ne détruise tout le travail en cours des Dandys – mais c’est aussi un album qui parle du manque de chance après qu’un désastre beaucoup plus subtile se soit installé. Vivant à Portland bien avant que la ville ne devienne la destination à la mode, ils ont vu leur environnement changer autour d’eux : passant d’une communauté où les artistes peuvent se développer à une communauté où une bouteille de jus bio coûte plus qu’une place de concert. Leur réalité quotidienne a commencé à paraitre très différente de ce qu’elle était au début des années 90, envahie par le développement d’entreprise et la gentrification. Une distorsion de cet environnement précis que le groupe connaissait et aimait. Et peut-être que ça a été une coïncidence si le chemin sonore qu’a pris l’album a commencé à refléter cette vision floue, éraflée… Où peut-être pas.

    « J’ai remarqué qu’il y a beaucoup de distorsion dans les morceaux, et à des endroits bizarres », dit Taylor -Taylor. « De la distorsion sur la voix, la batterie, les claviers, pas seulement sur les guitares. Je me suis même retrouvé à mettre de la distorsion dans de l’acoustique. Pendant ce temps-là, on vit à Portland dans l’Oregon qui est passé de 500 000 habitants à 2,5 millions, ce qui est hyper bizarre. J’ai simplement regardé par ma fenêtre et pensé « Distortland »… Ouais. La petite ville sale que le temps a oubliée, un jour devient l’épicentre culturel de la Terre.

    Dans des chansons telles que le single phare, « You Are Killing Me », au swing dégingandé de « All The Girls In London », les Dandys utilisent peut-être la distorsion comme un outil, mais il y a un arrière-goût profond d’un rêve euphoriquement mélodique qu’ils ont appris à aimer (et à définir) au début des années 90 qui est parfaitement clair. C’est toute la rage de réinterpréter cette ère dans une sorte de représentation distante, un peu shoegaze, mais ce que les Dandys font sur Distortland est une présentation bien plus nette de comment l’influence subtile de cette décennie a façonné leur musique, mais avec un point de vue qui regarde désormais devant et non pas en arrière. Peut-être qu’une partie de ceci est due au mixage propre de Jim Lowe, surtout connu pour son travail avec Taylor Swift et Beyonce. « On enregistre de façon très crade donc avoir un mixage propre c’est super », dit Taylor-Taylor, qui a autoproduit les albums des Dandys et commence par poser les chansons sur enregistreur à cassette des années 80. Mais ne vous inquiétez pas : « l’album est toujours plein de saleté, c’est juste de la saleté bien organisée. »

    En effet, « You are Killing Me » aiguise des vamps rugueux contre un refrain accrocheur sur lequel on peut instantanément danser et chanter sans le moins du monde mièvre, quelque chose pour lequel les Dandys ont toujours été des experts, faisant chanceler leurs chansons sur la ligne du noise, du rock et de la pop sans jamais pencher un peu trop dans une direction en particulier. Taylor-Taylor, le principal compositeur du groupe, ne prend pas à la légère la tâche de créer une histoire pleine de sens non plus, il y a toujours un message derrière la mélodie.

    « Il y a le vers principal « You are killing me and everything you love about me. » J’ai l’impression que c’est un vers bien équilibré, parce qu’il ne s’arrête pas à l’accusation et termine en fait avec des mots qui pourraient ouvrir un dialogue entre deux personnes qui ont des difficultés dans leur relations, qui ont du mal à communiquer. » Le groupe a sorti la chanson en janvier, le mois de la rupture, pour inciter à avoir cette conversation.

    Ensuite, il y a le groove bien reconnaissable des Dandys sur STYGGO (acronyme de for "Some Things You Gotta Get Over") qui soulève le problème plus important de ce monde qui se déforme rapidement quand on le regarde avec une vision plus large. De la chanson, Taylor-Taylor dit « Il y a des choses dont on ne peut pas se remettre. Il y a des choses dont on doit se remettre. »

    Distortland, est le premier album des Dandys chez Dine Alone Records, et leur premier LP studio depuis This Machine sorti en 2012. Quatre ans entre deux sorties est certainement long par rapport à la demande habituelle de l’industrie, ce n’est pas un planning que les Dandys s’assigne – ils laissent l’art et la musique s’imposer, à la place. Ça n’a pas toujours été une position appréciée, mais ils s’y sont tenus.

    « Au début, on a tout entendu : « Vous ne réussirez jamais », « Vous êtes trop intellectuels », dit Taylor-Taylor. Mais les Dandy Warhols étaient plus avisés, parce que « réussir » n’a jamais été leur objectif : faire de la musique pour inspirer, pour contempler l’était. ET ça l’est toujours, même quand le toit s’effondre et que le monde qu’ils connaissent change du tout au tout. « Ouais, j’imagine que tout nous convient. C’est peut-être parce qu’on est un groupe vraiment old school. Comme un gang. »

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