FREDERIC FRANCOIS
Frédéric François, de son vrai nom Francesco Barracato, voit le jour en 1950 à Lercara Friddi, village sicilien à deux pas de Palerme. Fils d’une famille prolétaire, le futur chanteur de ces dames suit la communauté familiale en Belgique à l’âge d’un an, lorsqu’une partie des résidents de Lercara Friddi choisit d’immigrer vers le plat pays pour y travailler dans les mines et les bassins houillers.
Loin de son île natale, c’est au cœur de la Wallonie industrielle que grandit Francesco. Bien qu’attiré par le chant, le jeune homme n’a guère l’occasion de prouver son talent, car, dès l’âge de douze ans, comme la plupart des adolescents du coin, sa voie semble tout indiquée : une voie qui, en l’occurrence, suit les rails des wagonnets qui l’emmènent au cœur de la fosse minière. Toutefois, grâce à ses économies, il s'achète une guitare sèche et, le soir, fait la tournée des bistrots pour animer un peu la grisaille.
Un tigre sauvage au Conservatoire
Doué pour la musique et le chant, Francesco intègre deux formations locales au nom typique de l'époque : les Eperviers en 1962, puis les Tigres Sauvages l’année suivante. De tournée en animation de caboulots, ces petits groupes commencent à gagner un peu de notoriété et, surtout, l’aisance musicale du jeune Francesco persuade son père, Peppino Barracato, de lui payer des études au Conservatoire de Liège.
Un investissement rentable puisque Francesco en sort diplômé et, de surcroît, lauréat d’un prestigieux concours de chant. Une victoire qui lui donne l’occasion de sortir un premier disque, « Petite fille, ne pleure pas », en 1969 sous le pseudonyme de François Barra.
L’amour à l’italienne
Si le succès est modeste, le potentiel est énorme. Pour sonner plus « français », Francesco se choisit un nouveau nom de scène : exit François Barra, welcome Frédéric François ! Dès 1969, sort donc son premier 45-tours sous ce nouveau nom : « Sylvie », suivi très vite de « Maryan », deux odes à l’amour qui font de l’artiste une vedette populaire en Belgique et en France.
L’époque est aux balades gentillettes prônant la romance et Frédéric François, grâce à sa voix chaude, se démarque de ses nombreux concurrents qui, comme lui, roucoulent de tendres romances aux oreilles des auditrices. Lui, cependant, possède un avantage sur la somme des bellâtres faussement méditerranéens qui pullulent : ses racines se trouvent réellement du côté de Palerme et ses ritournelles « à l’italienne » n’en sont que plus crédibles.
Enchaînant les titres à un rythme stakhanoviste tout au long de l’année 1970, il voit son premier 33-tours, I Love You, Je t’Aime, sortir l’année suivante chez Vogue (il était précédemment chez Barclay). Ses titres ne laissent aucun doute sur le public ciblé (« Je voudrais dormir près de toi », « Je n’ai jamais aimé comme je t’ai aimé », « Un chant d’amour », « Viens te perdre dans mes bras »...), mais la formule fonctionne.
La notoriété du chanteur de charme explose tous les standards de son temps et ce François-là égale le succès de ses contemporains Claude (François) et (François) Valéry. Concerts, tournées et prestations publiques devant des audiences énamourées et le petit Belge aux origines Siciliennes conquiert les publics français, canadien, espagnol, sud-américain et – ce n’est que justice – italien. Comme à l’accoutumée avec un chanteur francophone, seuls les Anglo-saxons boudent ce porte-étendard de l’alliance Sicilo-Wallone.
Style immuable
L’une des forces principales de Frédéric François – et qui en d’autres cas eût pu être délétère – est qu’il ne vogue pas en fonction des styles et des genres. Qu’il introduise parfois quelques rythmes disco ou pop dans ses compositions en fonction de l’air du temps n’empêche, qu’au final, il reste essentiellement fidèle à son style de crooner.
Partant du principe que ce qui est à la mode se démode à la vitesse grand V, le chanteur préfère rassurer son public en lui offrant sérénades et chansons tendres plutôt que de tenter des renouvellements de style malheureux. Quoi qu’on puisse penser de cette formule, elle plaît et le chanteur fait toujours salle comble où qu’il se produise. Cette fidélité à un répertoire qui, sommes toute, évolue peu,lui permet de traverser les années 1980 sans peine, alors qu’un certain nombre de ses collègues, marqués par leur ancrage dans les décennies précédente perdent de plus en plus le contact avec leur public.
En 1982, il s’offre même un duo avec sa fille aînée Gloria, « On s’aimera toute la vie ». Durant cette décennie, il réalise même deux de ses plus grands tubes : « Mon cœur te dit je t’aime » (1984) et « Je t’aime à l’italienne » l’année suivante. Alors que les crooners et les chanteurs de variété « classiques » sont ringardisés durant les années 80 par les nouveaux sons synthétiques, Frédéric François est l’un des rares survivants de son époque à remplir des salles prestigieuses ou à recevoir des disques de platine pour ses œuvres.
L’homme, par ailleurs, est à des années-lumières du clinquant médiatique, se montrant peu à la télévision (essentiellement dans l’émission de Pascal Sevran, La chance aux chansons) et plutôt avare de ragots sur sa vie privée. Frédéric François, star ordinaire, se contente de se produire devant des audiences toujours nombreuses, en effectuant le moins de promotion possible.
Le chanteur de ces dames
Pétant toujours la santé lors des années 1990, Frédéric François ne change pas d’un iota son style, tout au plus s’habitue-t-il au format CD qui permet de nombreuses rééditions et compilations de ses succès passés. Fonctionnant toujours essentiellement grâce à une promotion dans la presse quotidienne régionale, Frédéric François s’affranchit de plus en plus de la télévision et de la radio qui, de toutes façons, ne l’invitent plus guère qu’à de rares exceptions.
Plusieurs tubes lui permettent de renouveler son stock – déjà impressionnant – de titres disponibles. « Bleu Méditerranée », « O sole mio » ou « Funiculi, Funicula » lui permettent également de renouer avec un certain patrimoine issu du « pays natal ».
Toujours aussi charmeur, Frédéric François atteint une forme de concrétisation artistique en jouant devant Jean-Paul II ou la Reine Fabiola de Belgique en 1996. Après un triomphal Olympia en 1998, il sort une compilation de ses meilleurs concerts dans cette salle mythique, « Le best-of mes Olympias » avant de s’offrir une forme de jubilé du millénaire enregistré à l’occasion de l’album live « Olympia 2000 ».
Si le nouveau millénaire s’annonce plus calme pour le chanteur, il n’en sort pas moins compilations et albums avec régularité, participant occasionnellement à la tournée des Enfoirés. En 2007 sort un nouvel album studio, « Merci la vie », comprenant des titres comme « Ma vie elle chante », « Une rose dans le désert » ou « Les Frères du mal d’amour ». Un petit goût de déjà-vu, certes, mais pourquoi changer une formule qui gagne ? Charmeur un jour, charmeur toujours.
Copyright 2010 Music Story Benjamin D'Alguerre
FREDERIC FRANCOIS
du samedi 03 mars au dimanche 04 mars 2012
Retrouvez Frédéric François pour son 14ème Olympia...40 ans de succès et toujours en haut de l'affiche!






