ALAN STIVELL

Une passion atavique à l’origine du premier raz de marée celtique


Alan, sensible à la révolution culturelle des sixties où les groupes rock influencent la jeunesse (il sort en 1968 un 45-tours intitulé « Flower power »), souhaite lui aussi intégrer le rock dans sa musique. En 1970, sort l’album Reflets, dont la chanson en breton, « Brocéliande-Son ar chistr » est un immense succès. En 1971, il crée le premier tube de rock-celtique, « Pop plinn ». En même temps, l’album « Renaissance de la harpe celtique » reçoit le prix de l’académie Charles Cros et est salué unanimement en Europe, puis en Amérique. Alan Stivell, qui qualifie simplement sa musique d’« ethno-moderne », propose un retour aux sources celtiques qui semble parler à beaucoup de monde : l’album est nominé aux Grammy Awards aux Etats Unis. Le 28 février 1972, Alan Stivell se produit à l'Olympia, accompagné entre autres du guitariste Dan ar Braz pour un concert joué à guichets fermés. L'album tiré de ce concert se vendra à 2 millions d’exemplaires. Cette soirée à l’Olympia en direct sur Europe 1 et l’album suscitent une véritable révolution en Bretagne.

En 1973, le disque Chemins de Terre est désigné Disque de l’année par l’hebdomadaire britannique Melody Maker. En 1974, Alan Stivell fonde son propre label, Keltia III, et adopte avec des titres comme « Délivrance », un discours militant pour la reconnaissance de toutes les cultures, basant sur combat sur l’identité bretonne bien sur, mais se battant plus largement contre tout type d’oppression contre les cultures minoritaires. Des USA à l’Australie, il se produit partout dans le monde jusqu’à la fin de la décennie. En 1979, il crée même une symphonie, Tir Na N’Og (« Pays de l’éternelle jeunesse » en gaëlique) qui mêle la musique celtique à la musique classique, au rock, à la pop, au jazz, aux influences ethniques les plus diverses, le tout joué sur scène par environ 75 musiciens.


Retour à la lumière


En 1991, il sort un nouvel album, The Mist of Avalon, rendant hommage à la légende du Roi Arthur. En 1993, le bien nommé album Again, marque son retour sous les projecteurs et le début de la seconde vague celtique. Il entraîne, comme dans les années 70, une foule d’artistes derrière lui (pour ce disque il s’entoure de Shane Mc Gowan, Laurent Voulzy, Kate Bush, Dan Ar Bras, Gilles Servat…). En 1996, il se produit devant 50 000 personnes à la Fête de l’Humanité à Paris. 1 Douar, sorti en 1998, lui permet d’inviter, entre autres, quelques ambassadeurs des langues wolof (Youssou N'Dour) et arabes (Khaled) et de se produire dans plusieurs grandes villes américaines.


Harpiste et poète


Back to Breizh, son vingtième album sorti en 2000, remet la harpe et le son acoustique au premier plan. Stivell souhaite revenir à ses origines, à la source de sa carrière, afin de mesurer le chemin parcouru et faire le bilan de son long combat pour la reconnaissance de la langue bretonne et l’identité celtique. Il publie en 2004, cinquante ans après que lui, et surtout son père, aient remis la harpe des bardes celtes au goût du jour, un ouvrage retraçant fidèlement l’histoire de cet instrument « Telenn, la harpe bretonne », co-écrit avec Jean-Noël Verdier. Un livre qu’il présente et promeut dans de nombreux festivals littéraires.


En 2006, sort Explore qui célèbre un nouveau virage électro dans la carrière du harpiste. En 2009, il sort sont 23ème album, Emerald qu’il fait voyager depuis sur les scènes européennes. Peu avant, à l’occasion des rencontres poétiques internationales de Bretagne en 2007, il reçoit un prix d’honneur pour l’ensemble de ses textes, prouvant, s'il le fallait encore, que dans l’histoire de la Celtie, à la fois sur le plan musical et littéraire, il y a un avant et un après Alan Stivell.


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ALAN STIVELL

ALAN STIVELL

jeudi 16 février 2012 20h30

résumé

Héros de la musique bretonne, Alan Stivell est l’initiateur des deux raz-de-marée celtes qui ont frappé la France pour se propager hors des frontières. D’abord dans les années 1970, puis, après une éclipse au cours des années 80 (en France tout au moins), le harpiste virtuose est revenu au premier plan mondial, menant à bien ses velléités de révolution culturelle en faisant au passage beaucoup d’émules, grâce à un discours fraternel et fédérateur prônant la reconnaissance et la rencontre des tous les peuples et cultures.

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