Bosh à L'Olympia

mer. 25
nov.
2020

20h00

Bosh

Concert

Tarifs : de 29,70€ à 39,60€

BOSH

À propos

Ca donne quoi, un rap vraiment mûr, où la mélancolie nappe une trap sèche et parfois club  ? Celui que fait Bosh. Le MC de 28 ans se démarque par son originalité : faire du rap street mais chargé de sentiments – pas toujours bons, sinon y a pas d'art-. Chez lui, la musique, c'est une affaire de famille. Bosh baigne depuis tout petit dans un environnement artistique, rythmé notamment par les chansons de son grand-père de grand chanteur Verckys Kiamuangana Mateta, aussi saxophoniste, membre un temps de l'orchestre renommé TPOK Jazz, l'un des premiers Africains à ouvrir son propre label.

Outre les mélopées du Congo-Kinshasa, Bosh s'imprègne du rap américain de New York à Chicago, de la fin des années 90-début des années 2000. Ja Rule, 50 Cent, ou encore Chief Keef et la drill chicagoans inspirent son modus operandi. Petit, il est agité ; au collège, l'Yvelinois commence à écrire des textes, fait des freestyles dans son Val Hibou, un ghetto aux bâtiments délabrés selon ses propres mots, un peu loin de Paris, avec sa mentalité propre. Le rappeur peut désormais se targuer de représenter toutes les zones où on aime le bon son, ses clips sur Youtube émargeant à plusieurs millions de vues.

Dos argenté sort en 2018, un album oscillant entre trap énervée (« Tout droit », « Bamboula »), morceaux festifs mâtinés d'afro («  C'est pour nous »), autobiographiques où il se livre crûment et prouve qu'on peut émouvoir tout en faisant « du sale » ( « Dans le noir », « Tout va mal »).

Ce nouveau projet commence là où la vie de la rue s'arrête, et où toutes les couleurs et toutes les émotions d'un homme tiraillé entre la vie au quartier et ses responsabilités de chef de famille peuvent se déployer.

Synkinisi est un recueil de morceaux nerveux, courts, techniques. Le titre pourrait faire croire qu'il signifie quelque chose dans l'une des langues du pays de ses parents, le lingala. Les hellénistes y reconnaîtront le mot grec pour qualifier les émotions.

L'album s'ouvre sur « Dans mon del », qui donne la couleur d'office : « Guéris plusieurs blessures qu'ont pas cicatrisé / en fumant médicament non légalisé ». Chez Bosh, la musique est un pansement, la drogue douce une composante de sa thérapie, l'authenticité le contrat de base avec ses auditrices et auditeurs.

Son écriture visuelle, guerrière s'adoucit en apparence sur le morceau « Coeur noir » , introspectif et frontal, pierre angulaire de cet opus : « Noir est mon cœur, tellement d'douleurs, qui font que j'laisse très peu d'place à la douceur ». Le titre offre un condensé de l'univers de Bosh. Des preuves de sa nouvelle maturité artistique quand il dit comprendre comment marchent l'industrie et le public :« Tu veux le hit parfait : parle de drogues et de grosses tasspé. Ca marche comme ça ? OK. » Des preuves de sa connaissance de la street, savamment mise en images « On sait qui bosse le pollen, c'est un marché qui tourne plus vite que les mbila – les policiers en lingala ».

« J'vais attraper Cupidon et j'vais lui crever les yeux », clame-t-il dans « Solitaire »Sur un beat downtempo, Bosh se livre, parle d'amour, de sa paternité, sans s'épargner, sur une prod qu'il a co-poli en studio avec Mounchild. Ce dernier, qui a travaillé entre autres avec Haristone ou Sprinoir, a composé bon nombre des instrus qui parent les titres. C'est là que Che-bo porte bien son nom d'artiste– comme la marque allemande, on le surnomme ainsi pour son sens de la précision-. Ce pianiste autodidacte a l'oreille et s'investit aussi sur les prods. « Au studio comme dans un labo, on élabore des compos j'prends aucun repos », dit-il dans «J'Elimine ». Le morceau ciselé est aussi un bel exercice d'égotrip où Bosh montre le muscle de son écriture à la concurrence : « J'progresse tous les jours no limit, toi en manque d'inspi... tu m'imites ! »

L'authenticité, l'envie de . Et sans se cacher d'avoir encore du mal à marcher droit, il se peint en artiste entre deux vies. « J'dois m'éloigner des portes de l'enfer mais j'fais du sale comme pas permis », confesse-t-il dans le mélancolique « Défilé », une garde-à-vue dont il fait une métaphore de la vie qui file, où « les ienclis passent, les condés passent comme dans un défilé ». Ce titre comme « Coeur noir » a ses fulgurances. « J'refais mes lacets et j'continue de brasser » : un pied dans le vice, un pied dans le din. Il n'oublie donc pas de proposer des morceaux plus festifs.

« Rue de Ponthieu » raconte l'ancien Bosh, celui qui allait dans les soirées de ce coin de Paris, la fête, qui, des fois finit en bagarre. Le hit « Djomb », sur une instru club, le « cruising » post-soirée  d'un Bosh à la tête qui tourne et se retourne sur les femmes. « JITVB » aborde les violences illégitimes et parle de l'Afrique. Son regard sur le monde qui lui semble aller mal s'apaise quand il pose ses yeux sur le sien, et sur les siens, sa « mifa beaucoup plus précieu[se] que tous les carats ».

Des featurings de qualité émaillent le disque. On croise aussi SCH, rappeur sudiste dont il aime l'univers sur « Business » toujours sur une prod. de Mounchild.

Une nouvelle corde vient de s'ajouter à son arc : jouer la comédie. Il est au casting de la série Validé, réalisée par Franck Gastambide ( Pattaya, Taxi 5...) Dans cette première fiction qui s'immerge dans le rap français, diffusée sur Canal+ depuis le 20 mars, Bosh tient le rôle d'un personnage qui s'appelle Carnage, comme l'un des titres qu'il a sorti en 2018. « C'est en graillant tes faux rappeurs qu'j'm'alimente », dit-il dans ce titre. On dit que l'appétit vient en mangeant, et vu la qualité du projet, Bosh n'est pas près d'être rassasié.

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