WINGS

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    McCartney au tournant

    Rétrospectivement et à l’encontre du mythe, la fin de l’aventure Beatles ressemble à un mauvais rêve pour Paul McCartney. En plus d’être coincé dans un iimbroglio d’ordre juridique (pour la propriété du nom) et financier (opposé à la gestion du manager Allen Klein), il garde en mémoire le goût amer des séances d’enregistrement de l’album Let It Be, à peine effacé par le miraculeux Abbey Road final. Attendu au tournant, il répond par un bel album bricolé dans son coin (McCartney) puis Ram (1971), album plus élaboré conçu en couple avec quelques invités.

    C’est avec cette confiance retrouvée qu’il envisage de monter un nouveau groupe à la grande surprise de tous. L’initiative est perçue avec l’espoir, la crainte et l’ironie qu’un tel projet pouvait susciter. Remplacer les Beatles dans le cœur des fans étant impossible, McCartney s’arme de modestie en s’entourant de sa femme Linda aux claviers et de Denny Laine, ex-guitariste des Moody Blues qu’il sort de l’oubli, ainsi que du batteur Deny Seiwell rescapé de Ram. Quand on lui demande où il a trouvé le nom de Wings (Ailes), le bassiste explique que la chambre où est née sa fille Mary était située dans une aile de la maternité, et qu’il lui trouvait une portée symbolique.

    Quoiqu’il en soit, la naissance de Wings a lieu le 3/8/1971. Les McCartney composent et tout le groupe enregistre l’album Wings Wild Life aux studios Abbey Road en une quinzaine de jours. Guère révolutionnaire, il est accueilli avec une pointe de déception après une fête légendaire au Mecca Ballroom de Londres en novembre. La lettre ouverte à John et Linda « Dear Friend » masque difficilement un « Bip Bop » indigne. La première réussite de Wings provient peu après d’un événement extérieur : le 3/1/1972 a lieu à Londonderry la sanglante répression d’une manifestation des indépendantistes d’Irlande du Nord, connue sous le nom de Bloody Sunday, tuant une trentaine de personnes. Dans un élan de colère, McCartney enregistre le brûlot « Give Ireland Back To The Irish »  qui se loge directement dans le Top 20 (n°16) malgré la censure de la BBC. Ce sera son unique manifeste politique, à la différence du Lennon engagé de « The Luck Of The Irish » et « Sunday Bloody Sunday » sur le même thème.

    La tournée des universitésS’il est fiin prêt pour tester ses compositions auprès d’un public qu’il à hâte de retrouver (ses dernières expériences excitantes datant de 1966), McCartney est aussi angoissé à l’idée de se produire dans des grandes salles. Il adopte alors une solution inédite : une tournée impromptue des universités anglaises. Il embauche le guitariste Henry McCullough (ex-Spooky Tooth et Grease Band de Joe Cocker) et prend la route en van pour Nottingham où il demande à jouer devant une assistance ravie pour la modique somme de 50 pence le 9/2/1972. Wings parcourt ainsi le royaume de fac en fac, se faisant parfois refouler pour cause d’examens ou risques de nuisances sonores !

    Après cette curieuse escapade revigorante, le groupe retourne en studio pour la comptine innocente « Mary Had A Little Lamb » (mai 1972, avec les enfants McCartney dans les chœurs) en réponse au banissement du simple précédent. La critique se gausse des frasques du « retraité végétarien ». Les choses sérieuses commencent à l’été 1972 quand Wings part en tournée européenne, réservant son premier concert pour Chateauvallon (environs de Toulon) le 9 juillet, avant les visites à Juan-les-Pins puis Arles et l’Olympia de Paris le 16/7. Aucun titre des Beatles n’est au programme mais de reprises rock comblent le court répertoire du groupe. En coulisses, la tension est vive entre la peu expérimentée Linda aux claviers et le tandem McCullough-Seiwell. Au rayon drogues les McCartney, fervents adeptes du cannabis, apprennent qu’ils sont pistés par un commissaire zélé qui ordonne une perquisition à leur domicile. Ils écopent de plusieurs amendes mais s’en amusent en tournant un curieux et mystérieux court-métrage (Bruce McMouse).

    En novembre 1972, la controverse repart de plus belle avec l’interdiction du nouveau simple « Hi, Hi, Hi »  pour les allusions sexuelles d’un titre faisant aussi référence aux drogues. Le ska de la face B « C Moon » le remplace sur les ondes (n°3). Le 18/3/1976, un concert privé assorti d’une chorégraphie est organisé pour être diffusé sur la chaîne ATV sous le nom de James Paul McCartney Show.

    Wings autour du monde

    Le deuxième album Red Rose Speedway (mai 1973) produit par Glyn Johns redresse la barre avec une longue suite « Medley » en quatre parties et la ballade orchestrée « My Love » (n°8). L’inédit « The Mess » enregistré en tournée finit en face B du simple. D’autres titres prévus pour ce qui devait être un double-album feront surface à diverses occasions : « Seaside Woman » de Linda crédité à Suzy & The Red Stripes en 1977, « I Would Only Smile » sur l’album Japanese Tears (1980) de Denny Laine, et divers singles de Paul. L’une des dernières séances d’enregistrement fut orchestrée par George Martin pour le titre « Live And Let Die » destiné à servir de thème au prochain film du même nom, le nouveau James Bond. Ce titre qui donne lieu à un feu d’artifice en concert remporte un plus grand succès aux Etats-Unis (n°2) qu’en Angleterre (n°6).

    Si avec Red Rose Speedway la carrière de Wings est vraiment lancée, elle va prendre davantage d’ampleur avec l’album suivant Band On The Run (12/1973) enregistré à Lagos (Nigéria). Considéré comme le sommet du groupe avec ses hits puissants (« Band On The Run » n°1 US, « Jet », « Let Me Roll It ») et ses ballades sophistiquées (« Picasso’s Last Words (Drink To Me) »), ce disque a connu des séances d’enregistrement mouvementées : Henry McCullough et Denny Seiwell claquent la porte la veille du départ et le pape de l’afro-beat Fela Kuti accueille par une attaque verbale ces « musiciens venus piller l’héritage africain ». En outre, le studio dans lequel s’installent Wings avec la nouvelle recrue Denny Laine (ex-Moody Blues) et Geoff Emerick (ancien ingénieur du son des Beatles) est encore en construction…et un soir, Paul et Linda se font attaquer et voler les bandes masters de l’album ! Finalement, le travail se termine à Londres dans l’apaisement. Le simple inédit « Helen Wheels / Country Dreamer » précède l’album.

    Début 1974, Paul, Denny Laine et Jimmy McCulloch travaillent à l’album de Mike McGear qui n’est autre que le frère de Paul. McCulloch, ex-John Mayall’s Bluesbreakers, Stone The Crows et Thunderclap Newman, entre dans le groupe avec un autre musicien, le batteur Geoff Britton (ex-East Of Eden). En juin, Wings est en studio à Nashville pour les séances de Venus And Mars avec Chet Atkins et Floyd Cramer, puis chez Allen Toussaint à La Nouvelle-Orléans et enfin à Los Angeles où les McCartney se font arrêter pour leur conduite…et quelques grammes de marijuana. Joe English remplace Britton pendant les séances. Les simples « Junior’s Farm » (n°3 US) et « Listen To What The Man Said » (n°1) sont les premiers proposés et « Walking In The Park With Eloise » , vieux titre écrit par le père de Paul, sort en 45-tours crédité au pseudonyme The Country Hams. La tournée mondiale « Wings Over The World » qui succède est un gigantesque show ambulant digne des plus grandes formations rock de la décennie, immortalisée par un triple album live Wings Over America (fin 1976) et le documentaire Rockshow.

    Profitant d’un séjour à Hawaïï durant cette tournée, le groupe enregistre Wings At The Speed Of Sound (mars 1976). Laine, McCulloch et English s’expriment davantage par leurs compositions et Linda propose « Cook Of The House ». Mais c’est Paul qui remporte tous les suffrages avec « Silly Love Songs » (n°1 US et n°2 GB) et « Let ‘Em In » (n°2). Et la tournée reprend (le Pavillon de Paris est visité le 26/3/1976) avec le premier concert d’un grand groupe de rock en terre communiste (à Zagreb) et un spectacle exceptionnel sur la place Saint-Marc de Venise.

    Derniers feux

    Après un tel gigantisme alors que l’Angleterre est agitée par les soubresauts de la révolution punk, « Macca » retrouve une certaine simplicité en organisant la « semaine Buddy Holly » tandis que Denny Laine lui rend hommage dans l’album Holly Days. C’est à bord d’un bateau-studio qu’est mis en boîte « Water Wings » plus connu sous son appelation définitive London Town (mars 1978). De nouvelles tensions naissent entre McCulloch et McCartney qui le laisse partir pour reformer les Small Faces avec Steve Marriott. L’ex-Wings meurt d’une surdose d’alcool et de morphine le 27/09/1979. Inspiré par sa terre d’Ecosse, McCartney concocte le 45-tours le plus vendu de l’histoire, ce « Mull Of Kintyre » n°1 neuf semaines d’affilée et doublement millionnaire en ventes, dépassant tous les succès passés des Beatles. En second single, « With A Little Luck » fait un bon n°1 américain.

    Pendant ce temps, le noyau Wings Paul & Linda et Denny Laine s’élargit à Laurence Juber et Steve Holly. Cette formation répète les compositions de Back To The Egg dans la ferme écossaise avant sa finalisation à Londres en compagnie de Chris Thomas, le producteur à la croisée des chemins entre le White Album des Beatles et celui des Sex Pistols. Le single « Goodnight Tonight » (n°5 en mars), étonnante greffe disco-flamenco et sa face B « Daytime Nighttime Suffering »  devance l’album. Sorti en juin 1979, Back To The Egg renferme les parfaits « Rockestra Theme »  et « Getting Closer ». Le premier est un thème instrumental qui réunit le gratin du rock : Pete Townshend, David Gilmour, Gary Brooker, Hank Marvin, Ronnie Lane et la section rythmique Jones – Bonham de Led Zeppelin. Toutefois, public et critiques boudent cette dernière salve de l’aventure Wings résumée dans la compilation Greatest Hits parue entre-temps.

    Sans Linda, le groupe entame une tournée britannique qui se clôt par un gigantesque concert de charité au profit de l’UNICEF pour la population des boat-people cambodgiens. Le 29/12/1979, dans un Hammersmith Odeon londonien bondé, les membres du Rockestra et d’autres rock stars participent à la dernière apparition de Paul McCartney avec Wings (le double Concert For Kampuchea). Un simple final, « Coming Up (Live in Glasgow) » (sixième n°1 US) termine ce parcours en beauté. La tournée qui devait s’étendre à l’Asie est brutalement interrompue à l’aéroport de Narita (Japon) où Paul McCartney se fait arrêter et emprisonner pour possession de marijuana. Un album solo (McCartney II ) est déjà prêt, mais l’annonce de la séparation de Wings n’interviendra que le 27/4/1981. L’album d’inédits intitulé Cold Cuts  maintes fois reporté, verra-t-il le jour ?

    En 2001, la compilation Wingspan égrenne en 40 titres un panorama côté « Hits » et moins connu (« History ») du groupe et de sa carrière solo. Un DVD homonyme montre les grands moments de ce parcours sans toutefois inclure les vidéos promotionnelles.

    Quoiqu’il en soit, Wings aura permis à McCartney de renouer avec le succès international et d’arpenter les scènes quand ses anciens partenaires optaient pour la semi-retraite (Lennon en 1975, Harrison stoppant les tournées l’année suivante).

    Copyright 2010 Music Story Loïc Picaud

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