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SERGE PAPAGALLI

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    À propos

    Auteur, metteur en scène, comédien et chroniqueur radio, Serge PAPAGALLI est né le 4 mars 1947 à Grenoble. Il a participé comme comédien à plus de soixante-dix pièces de théâtre, en a crée cinquante et a joué dans une vingtaine de films et séries Tv. Il a animé des émissions à la télévision et à la radio.

    Les débuts : des spectacles pour enfants aux pièces pour adultes

    "Comment sommes-nous venus au théâtre ?" se demande Serge Papagalli.
    Je ne sais pas et n'ai jamais su. Nous avons décidé, ma femme et moi, un beau jour, que l'aventure serait belle et puis nous l'avons tentée. Sans réfléchir, sans hésiter. Le besoin de vivre le rêve comme un aliment indispensable, obligatoire. Une vieille passion enfouie au plus profond de nous qui a ressurgi d'elle-même, sans sollicitation extérieure, toute seule comme une grande. Difficile après cela de parler technique, parcours, école. Nous avons tout appris sur le tas !" Alors qu'il exerce comme éducateur, il rencontre Jacky Quillen avec qui il monte le Théâtre du Beffroy en 1971. "Le spectacle est devenu notre forme de vie, notre raison d'être..." Pendant sept ans ils présentent des spectacles pour enfants : "Carole dans la forêt merveilleuse" ; "Les pâtes à l'huile c'est difficile, mais les pâtes à l'eau c'est rigolo" ; "Eric et coccinelle" ; "Grotadfer" ; "Le pays des fleurs" ; "Zadrok ou la chanson des flammes". "D'abord des marionnettes seules, puis le mélange marionnettes-acteurs, puis les acteurs seuls"

    "...je faisais seulement quelque chose qui me passionnait, m'éclatait. Il n'y avait pas d'objectifs de carrière dans ce que je faisais, contrairement à la démarche d'un véritable "homme de théâtre" ( cours, conservatoire, implication dans des textes ) ; c'était une vie où je vivais dans le plaisir sans compter. De ce point de vue là, ma démarche théâtrale est celle d'un artisan, au sens propre du terme. Je me suis pourtant réveillé au théâtre, bien des années après ; en constatant que j'étais finalement du même monde qu'eux ( les "hommes de théâtre" ) mais que j'y étais parvenu par des voies détournées et sans m'en rendre compte."

    C'est ainsi qu'en 1977, le théâtre du Beffroy s'appelant désormais Compagnie Serge Papagalli, il se lance dans l'écriture de sa première pièce pour adulte : "Le fou d'Aisance" coécrite avec Gustave Poncelet. L'histoire d'un "homme-pipi" vivant carrément dans son souterrain et qui se retrouve du jour au lendemain à la retraite ; lui l'agoraphobe, il en devient fou. Suit "Figaimar frasques" coécrit aussi avec Poncelet. Un mauvais souvenir, puisqu'un soir de représentation ( la troisième ) suite à un problème électrique, "tout le matériel a fondu d'un coup : la sono, les lumières, le jeu d'orgue, tout !"

    Il ne perd pas la foi, et écrit "La clé" ; "La cage ouverte" ; "L'or des favelas" ; "Le 1er mais" ; "Croque-super". Il partage le plateau avec sa femme Christiane, mais aussi ses acolytes : Pierre David-Cavaz, Patrick Zimmerman, Mohamed Boumeghra, ou Bernard Garnier.

    Au cœur de l'été, on lui confie un grand spectacle en plein air, son premier vrai travail de metteur en scène "Ah, si Arthur était là" co-écrit avec Poncelet. Quatre vingt-dix acteurs, amateurs et professionnels. Beaucoup de machinerie, des effets spéciaux, des décors, des costumes extraordinaires. "Une expérience éprouvante. J'avais co-écrit avec Gustave Poncelet, je mettais en scène et je jouais un rôle important : ce n'était pas de la tarte !" Le spectacle traitait de la légende des Chevaliers de la Table-Ronde. Trente ans plus tard, il se retrouvera encore dans les aventures d'un Roi Arthur, cette fois dans la série télévisée "Kaamelott" de Alexandre Astier.

    Le grand tournant : les spectacles à sketches

    Avant le gros tournant dans sa carrière que va être "Ça fait mal quand je touche ?", il écrit "Asticot circus" pour Dominique Laidet, Christiane Papagalli et Patrick Zimmerman.
    "Ça fait mal quand je touche ?" est donc son premier véritable spectacle comique pour adulte, un spectacle à sketches, "Un spectacle de satire sur des sujets un peu graves ou dérangeants : la politique, la religion, la police, la guerre, la haute-finance, les marginaux" et c'est également l'apparition pour la première fois du personnage fétiche de Serge, ce paysan dauphinois un peu gauche et terriblement attachant avec son accent à couper la tomme.
    C'est un succès énorme sur Grenoble, dans le petit Théâtre du Rio, et pour la première fois, la troupe monte à Paris, à la Gaieté-Montparnasse.
    Ils sont quatre sur scène : Christiane, Thierry Lintaff, Patrick Zimmerman qui sera remplacé plus tard par Jacques Castaldo dont la carrière sera étroitement liée à Serge.

    Après ce grand succès, Serge transforme l'essai en écrivant "Plus la peine de frimer" (1982). C'est un nouveau spectacle à sketches où le couple Papagalli réplique à Pierre David-Cavaz et Jacques Castaldo. Les 4 acteurs se partagent 44 costumes, mais aussi un beau succès : 600 représentations dans toute la France et en Belgique, des distinctions au festival Performance d'acteur à Cannes, au festival off d'Avignon, Café de la Gare, Splendid et Olympia à Paris, 48 000 spectateurs autour de Grenoble et plus de 150 000 en tout.
    Pour Serge, Claude Villers lui fait l'immense honneur de l'engager dans la série radiophonique "Le Tribunal des Flagrants Délires" sur France Inter. "Je n'arrivais pas à y croire. Me retrouver à Paris, à côté de Luis Rego et de Claude Villers, remplaçant Pierre Desporges, a été pour moi un bonheur et une trouille immenses !"

    Evitant de surfer sur la vague du succès de ces spectacles à sketches, Serge décide de "casser tout ça" et de produire deux "exercices burlesques" : une pièce poético-grinçante "Café stretto" et un one man show "Le palmier dans la tête ou la solitude du buveur de fond", où pour la première fois il apparaît seul sur scène avec son personnage du paysan dauphinois. "Pour le coup, j'ai vraiment découvert les affres de la solitude. Les premières fois j'ai vraiment failli mettre de l'alcool dans les bouteilles, tellement la trouille était terrible" Si le succès est mitigé sur Avignon, il remporte le prix de la performance d'acteur à Cannes. Sur Grenoble et ses environs, c'est un immense succès, le "on est pas des...quand même !" du personnage Papagallien devient une locution courante, et le "paysan dauphinois" collera désormais à la peau de Serge. "Un personnage typique de la comédie à l'italienne. Un homme qui fanfaronne pour échapper au poids de l'existence. Peut-être une partie de moi-même ?"
    "Caffé stretto" monté en même temps que le Palmier, est un expérience plutôt abstraite. Une référence à des maîtres comme Fellini, Tati, Bilal, Becket...Succès critique et professionnels certains, le public, désarçonné a plus de mal à suivre. " Il s'attendait à "plus la peine" et on lui proposait un humour désincarné, onirique et poétique"

    L'ère du théâtre 145 : de l'éclectisme à la pelle.

    En 1983, commence l'ère du Théâtre 145. La Ville de Grenoble lui confie la gestion de ce petit théâtre de 300 places dans lequel vont voir le jour des dizaines de création de la Compagnie. Des artistes confirmés comme Smaïn, Lemercier, Bouteille, Jolivet, Sergent, Alevêque, ou Debbouze partageront l'affiche jusqu'en 1999, avec des jeunes compagnies grenobloises qui trouvent au 145, la possibilité de présenter leur travail au public. Le théâtre 145 sera pendant tout ce temps associé à la Compagnie Serge Papagalli. Si on veut rire sur Grenoble, c'est là que ça se passe.

    Serge poursuit son travail de créateur : "Craignos" L'histoire de trois musiciens ratés, ce type de personnages cher à Serge qui continue d'utiliser le comique comme un exutoire. "Dire qu'on a besoin de rire pour ne pas pleurer est une banalité, mais c'est aussi une vérité"

    Suit "La Casanova". Une pièce spéciale dans la carrière de Serge, avec un décor important et des costumes historiques. Le pari était de transposer l'écriture de Serge dans une intrigue située au 18e siècle. Malgré les 12 000 spectateurs qui se massent au 145 "Nous gardons un peu d'amertume, parce qu'on a conscience d'avoir accompli un travail cent fois supérieur, pour un résultat minime, à des spectacles qui font un succès fou et qui nous demandent moins de travail."

    Revenant à l'instinct et au plaisir, Serge crée "Rencontre du troisième âge" où lui et Jacques Castaldo, ridicules, pitoyables et clownesques, tentent de séduire une infirmière (Christiane Papagalli) qui vient leur rendre visite dans leur misérable appartement.

    En 1991, Serge et Jacques souhaitent retrouver le bonheur simple de jouer des sketches. C'est la première fois qu'ils se retrouvent en duo avec "Les tâches". "Venir sur une scène nue, sans décor, avec juste quelques accessoires, on découvrait le plaisir que cela peut procurer. C'est la première fois que l'on va vers ce dépouillement là. C'est un peu pour rebondir vers quelque chose d'autre, diversifier encore plus nos envies." Pour l'instant, rock, BD, dessin animé, critique sociale, humour froid ou farce hyper-bouffe, on retrouve un peu de tout dans ce duo, ce qui n'est pas la moindre de ses qualités. Le spectacle décrochera même le meilleur prix au festival de Saint-Gervais cette année là.

    "Hyper, Super et Compagnie" renoue avec le spectacle pour enfants. Influencés par ses trois garçons qui dévorent les dessins animés japonais, Serge met en scène des super zéros "pour le plaisir de raconter une histoire à des enfants, comme un goût oublié de jeunesse, une odeur de ce souvenir que l'on a plaisir à sentir à nouveau"

    Avec "En quarantaine" le trio s'attaque à la dictature du jeunisme, veut affirmer le caractère "music-hall" de ce spectacle, un "travail d'amuseur, à la manière des Bigeard, Palmade, Coluche...mais nous jouons des rôles de vieux derniers, et non de jeunes premiers." Le succès est encore au rendez-vous et les Papagalli (comme on les appelle) sont désormais une valeur sûre de la scène grenobloise.

    On a beau dire, en solo ou à plusieurs c'est toujours du Papagalli

    1993 marquera le grand virage dans la carrière de Serge Papagalli. Il s'attaque au one man show, dans un parfait dépouillement à la "parisienne". Il crée ainsi l'un de ses plus beau succès : "On a beau dire, c'est parfois le contraire", et comme dit le journaliste Philippe Gonnet, ce n'est plus tout-à-fait la même chose ! "Si le drame est toujours dramatique, le comique n'est pas toujours drôle" , il prend alors le risque de venir se frotter à la scène, nu : "Sans le paravent d'un personnage à jouer, c'est le monologue d'un français moyen bousculé par la vie." Une joyeux mélange entre la philosophie et l'absurde. En 1994, il reçoit pour sa performance, la Tasse d'Or au Festival Performance d'acteur de Cannes. "On a beau dire..." sera joué un nombre incalculable de fois...jusqu'en 2007.

    "C'est une envie énorme de réunir autour d'une table des hommes et des femmes de parcours et de styles différents, mais qui ont tous en commun une ville et la passion de la scène" C'est ainsi que peut se résumer le pari que tente Serge en réunissant sur la scène du Théâtre de Grenoble, la grande famille théâtrale iséroise (Gilles Arbona, Chantal Morel, Yvon Chaix, Renata Scant, Jean-Vincent Brisa, Dominique Laidet, Valère Bertrand, Bernard Garnier, Mohamed Boumeghra, Pierre David-Cavaz, Denis Bernet-Rollande, Jacqueline Estragon, Annie Perret, Christiane Papagalli ). Tous se retrouvent sur les planches pour un Feydeau "La puce à l'oreille" que Serge met en scène. "C'est un moyen de lutter contre un certain sectarisme. Tous ces comédiens étiquetés comme des fromages sur un plateau...il était temps de faire avec une bonne fondue !" Et la fondue est délicieuse. Le Tout-Grenoble s'empresse de venir voir l'événement.

    Il décide dans la foulée de revenir sur scène avec Jacques Castaldo, et en 1995, crée "Stresss". "Je tiens aux trois s, car c'est bien de pluriel dont il s'agit." Les stress du quotidien : les horaires, les embouteillages, le bruit, les querelles, l'administration, les accrochages de pare-chocs, les robinets qui fuient, la télévision qui tombe en panne etc...Les rouages sont bien huilés, et la meccanique du comique fait mouche. Plus de 15 000 personnes iront voir la pièce, pour se destresser.

    Fort de ces succès populaires, Michel Drucker les fait venir dans La grande émission variété du moment "Studio Gabriel" pour quelques interventions en éléctrons libres.

    Vient ensuite le temps de replonger dans la "dauphinoiserie". En 1996, il crée le "Dauphinois libéré", son "testament ethnologique" comme il l'appelle. Avec tendresse, Serge Papagalli met en scène les habitants de sa région, et de ses produits - noix de Grenoble, Saint-Marcellin, Chartreuse, bleu de Sassenage. Les Maudru sont des paysans dauphinois, avec l'accent et le Y toujours présent, écrasés par le poids de la vie moderne, leur ferme est sur le point d'être saisie. Le père, incarné par Serge, disjoncte et réclame l'indépendance de son pays. Dans ce conte plein de tendresse pour les derniers représentants de nos campagnes, Serge s'est entouré de Valère Bertrand, Véronique Kapoïan et de Christiane Papagalli.
    Le succès fut considérable. Dès la création, le théâtre 145 a affiché complet pendant 3 mois consécutifs, il est parti en tournée dans tout le département de l'Isère, et fut repris pour trois autres mois à guichets fermés l'année suivante. 28 000 spectateurs sont venus rire des membres de leur famille, de leurs voisins et d'eux-mêmes, dans une infinie tendresse. Et comme le dit Serge, "ma plus grande fierté est d'avoir fait venir des gens pour la première fois dans un théâtre."

    Papagalli le comédien

    "Un bouffon doit parfois se mélanger aux acteurs du théâtre, sinon il se dessèche seul sur scène. Pour faire rire il faut d'abord aimer. Vive le théâtre et l'aventure. Ne jamais s'endormir dans l'habitude." Serge est bien réveillé. Entre l'écriture d'une pièce et sa mise en scène, il trouve le temps de peaufiner ses talents de comédiens avec des acteurs de la scène classique et contemporaine. Sous la direction de Daniel Mesguish, il jouera dans "Roméo et Juliette". Il se voit proposer le rôle de l'ingénieur dans une pièce de Serge Valetti : "Le jour se lève, Léopold" mise en scène au Centre Dramatique des Alpes par Chantal Morel. "Plaisir immense de se retrouver simplement acteur parmi les acteurs, dans l'amitié et la tendresse." Il sera Argan dans "Le malade imaginaire" mis en scène par Jean-Vincent Brisa (1997) dans un rôle qui lui permet de donner sa pleine mesure. Toujours avec Brisa, il interprétera Mercutio dans "Roméo et Juliette". Il sera Peachum dans "L'opéra de quat'sous" mise en scène par Yvon Chaix (1997). Un rôle qui bluffera les critiques qui voit un "Papagalli maîtrisé, arpentant avec conviction une gamme dramatique qu'on lui a souvent reproché de n'avoir pas défrichée. Il faut le voir pousser la chansonnette et se jouer de Brecht, notre dauphinois porte littéralement cet "opéra" à bout de bras." ( Hugo Gaspard) Il sera également à l'honneur de "Dancing" une pièce contemporaine de Natacha de Pontcharra (1999), où il joue un rôle à contre emploi.
    On le verra dans une mise en scène de Jean-Vincent Brisa jouer le rôle de Harpagon dans "L'avare" de Molière (2002). Puis, de nouveau avec son acolyte, dans "Le songe d'une nuit d'été" de Shakespeare où il tient parfaitement le rôle de Bottom (2003).
    Plus surprenant encore, il retrouve Luis Rego en 2003, dans un Topor : "Sacré livre de Proutto", où il incarne Gisou, un Dieu en toc, perfide, méchant, capable de toutes les bassesses et ignominies, un véritable rôle de composition pour ce touche à tout. En 2004, Jean-Vincent Brisa lui donne encore l'occasion de s'amuser comme acteur à contre-emploi. Il est le Talleyrand glacial de Brisville dans "Le souper".

    La reconnaissance du public et des professionnels

    En 1998, Serge se lancera à nouveau dans un défi de taille, rendre un hommage à son italianité dans "Variétà" qu'il met en scène au Cargo Maison de la Culture de Grenoble. Une pièce en deux parties, l'une en italien ( sa langue "paternelle") écrite par lui même et l'autre en français tirée d'une pièce de De Filippo "Ogni anno punto e a capo". "Ce spectacle procède de trois mélanges. Il y a d'abord le fait que moi, le bouffon, je sois au Cargo, et je dois dire que ça m'émeut profondément ; ensuite ce spectacle sera en français et en italien ; enfin, il sera joué par des comédiens professionnels et des gens de la rue ( tous d'origine italienne ). L'Italie n'est que mélange, elle est bordéliquement organisée. J'ai essayé d'organiser tout ce bordel avec un petit clin d'oeil à Amarcord !" Et malgré la concurrence d'un été 98 aux pieds de Zidane et compagnie, la recette de ce Fritto Misto est réussie, 5 000 personnes délaisserons leur écran pour une scène de théâtre.

    En 1999, Serge Papagalli sera bi-tassé, comme il dit, en recevant la récompense du meilleur spectacle au Festival de Cannes avec son nouveau solo "Les maracas du chihuahua". "C'est le besoin, la cinquantaine venue, de préciser les quelques questions fondamentales qu'on en vient fatalement à se poser sur l'existence." Et Serge d'interpeller Dieu, et de s'appuyer sur Confucius, Kierkegaard ou Heidegger pour comprendre pourquoi "le plus petit chien du monde fait du bruit comme il peut." Avec cette création, il cisèle encore plus son propos, s'éloigne de son étiquette et s'impose désormais comme un véritable créateur de mots, à l'instar d'un Desproges ou d'un Devos.

    L'année suivante, il se replonge dans le stand-up avec "Négociant en vain". Serge ressort son traité de philosophie de comptoir et invite le spectateur dans son univers. "Résumer mon spectacle ? La quête du bonheur, tout simplement." A en juger par le succès populaire que suscite la pièce, cet "hymne à l'amitié, l'amour, la joie...et le vin" est un très grand cru. La preuve, en 2009, il paiera encore sa tournée, jusqu'à Cannes et son festival.

    Toujours fidèle à ses contre-pieds dont il a le secret, en 2001, il remet en scène Fonfon, son personnage du "Palmier dans la tête", ce beauf au coeur tendre qui dans "La solitude du buveur de fond" traîne sa solitude, son alcoolisme dans les accents gouleyants du Dauphiné. "On ne rit que de quelque chose de dramatique, je m'octroie le plaisir de jouer de temps en temps ce personnage, c'est une gourmandise."

    La gourmandise, c'est aussi, de retrouver des acteurs, des amis, pour partager la scène, et en 2002, il crée "La vie c'est cool". Un retour aux sources : le spectacle à sketches. Il retrouve pour l'occasion Jacques Castaldo - "On voulait fêter nos 30 ans de théâtre avec cette idée saugrenue. C'est comme pour nos retrouvailles avec Jacques, on s'est dit que si on ne se posait pas la question maintenant, on le regretterait plus tard. Alors, on l'a posée !" - Véronique Kapoïan, Christiane Papagalli et Daniel Gros. La joyeuse bande s'attaque aux stages de sophrologie, aux émissions de télévisions merdiques (sic), les inaugurations de salle polyvalente dans une commune rurale, les comédies musicales etc...

    "Agaceries" est crée en 2003. Un nouvelle fois Serge se met en scène dans un stand-up, un nouveau "solo-solitaire". "Il semble avoir trouvé un vrai équilibre à écrire, à dire, raconter, partager, faire rire et réfléchir." (Pierre Lecarme) "Agaceries n'est pas une suite de sketches composée d'une succession de phrases à effet, avec la place pour rire entre chacune. Non ! Ce sont des séquences et des charnières. C'est moi qui parle aux gens, sans le filtre d'un personnage. Je leur parle du questionnement sur l'infini qui nous entoure aussi bien que de l'absence de porte-manteaux dans les toilettes publiques..." Il semblerait que les gens l'écoutent. Serge tourne aux quatre coins de son département, va à la rencontre de son public fidèle, presque chez eux, et quand il se présente à un festival, c'est un succès assuré. Il remporte le prix spécial du Jury à Saint-Gervais (2004).

    A la rentrée 2004, Serge réalise l'un de ses vieux rêves au Théâtre de Grenoble en écrivant, montant et jouant un "péplum théâtral " : "Néron et compagnie" ! Pour cette farce politico-cinématographico-bédéiste, Serge s'entoure - comme pour "La puce à l'oreille" et "Variétà" de comédiens confirmés : Valère Bertrand, Stéphane Czopeck, David Burzstein, Sophie Vaude, Pierre David-Cavaz, Christiane Papagalli ; et d'une dizaine d'amateurs, ces "gens de la rue" qui apportent toute leur fraîcheur au spectacle. Grâce à la collaboration avec Pierre David-Cavaz pour les dialogues, au superbe décor de Daniel Martin, à la subtilité de l'écriture et au jeu des acteurs, la pièce sera jouée à guichets fermés pendant un mois au Théâtre de Grenoble.

    A l'été 2005, Serge s'attaque à un nouveau Feydeau : "Mais n'te promène donc pas toute nue." Crée pour partir en tournée sous le Chapiteau de l'Isère, une initiative du Conseil Général, la pièce tout en décor et costumes requiert un vif succès dans les zones rurales où le chapiteau s'installe. Entourés par Emmanuèle Amiel, Valère Bertrand, Bernard Falconnet et Pierre David-Cavaz, Serge s'en donne à coeur joie avec la verve de Feydeau et signe une mise en scène très soignée et hilarante.

    Les dauphinois de retour

    C'est le moment pour Serge, 10 ans après, pour remettre en scène sa famille Maudru, ces paysans dauphinois auxquels il reste très attaché. Stéphane Czopek viendra accompagner Serge, Christiane, Valére Bertrand et Véronique Kapoïan dans cette aventure. Il signe avec "On est pas des quand même" (2006), l'un de ses plus gros succès dans le Dauphiné. "C'est la suite du Dauphinois Libéré. Cette partie d'ethnologie rurale est un hommage à nos anciens. Tous ces paysans qui vivent en autarcie méritent respect et admiration. Très peu subsistent encore. La famille Maudru sont un exemple de cette tragédie annoncée, leur disparition. Survivre face aux grandes surfaces, aux céréaliers gigantesques, à la mondialisation, voilà le combat de ces gens."

    "Je suis un électron libre". Mais aussi un boulimique de travail "C'est plutôt un moyen de survivre, je sais que si je ne pourrais pas déconner et boire du vin avec mes amis, je serais mort depuis longtemps...", Serge le prouve en 2007 en créant deux spectacles : "Papagalli conte et narre, les contes populaires du Dauphiné" et "Manger pour ne rien dire".

    En collaboration avec le Musée Dauphinois, Serge défriche un champ inconnu pour lui : le conte. "J'ai retenu 20 contes sur les 400 que j'ai lu, j'en ai fait un montage et écrit les enchainements. Je n'ai pas cherché la cohérence, mais le "copier-coller" comme on dit. J'ai ajouté ma griffe clownesque, ma propre oralité. J'ai gardé une âme d'enfant, et le vent qui souffle dehors avec le feu qui crépite dans la cheminée continuent à me faire rêver."

    "Manger pour ne rien dire" s'inscrit dans la lignée de ses autres solos. C'est un stand-up, avec un Serge qui soigne de plus en plus son écriture sans perdre de sa faconde sur scène. D'aucun disent que c'est son spectacle le plus abouti, le plus précis dans son écriture et pas le moins drôle. "Cette fois j'ai choisi de parler de la bouffe, de ceux qui mangent trop, pas assez, la nourriture bio, le tout cancérigène, mais aussi du plaisir que représente la table. Les solos sont sans doute pour moi une thérapie, j'ai l'avantage de pouvoir y raconter ma vie, mes souffrances, l'angoisse tu temps qui passe, tout en étant universel. C'est ma façon de me sentir à plusieurs sur terre, de donner, de recevoir en se disant, houlala tenons-nous la main, on va tous mourir mais on n'est pas seuls !"

    Le clown philosophe

    Ce clown philosophe qu'est devenu Serge, va trouver toute sa dimension en 2008 avec "La nage de l'enclume" aux côtés de Gilles Arbona. Crée à la nouvelle maison de la culture de Grenoble, la MC2, cette pièce met en scène deux vieux clowns, dont la fin de carrière devient une tragédie burlesque "confrontés à la difficulté d'être ensemble, du temps qui passe, des rêves inavoués. J'ai pensé à cette pièce comme un hommage à Fellini et au cinéma italien des années soixante, dont je suis imprégné." Gilles, fidèle compagnon de route de Lavaudant, parle ainsi de l'écriture de Serge: "Ce qu'il écrit c'est costaud ! Il y a un ton, une écriture, un style. Serge Papagalli m'a toujours fait penser à Serge Valetti. C'est différent...mais c'est ça !"

    Kaamelott et France Bleu Isère

    Pour être tout à fait complet, il faudrait également parler des rapports qu'entretient Serge avec le cinéma, la télévision et la radio.
    "J'ai joué pas mal de courts-métrages, j'ai fait des apparitions dans des "longs", mais je n'ai vraiment pas eu de chance quand il s'est agi de faire des rôles importants ; j'avais une scène ou deux avec Fanny Ardent dans "La femme d'à côté" de Truffaut, il n'en reste qu'un court passage dans le montage final. J'avais tourné un personnage important dans un film avec Philippe Léotard, "Le franc tireur" (1972), le film n'est jamais vraiment sorti en distribution. Il fît même scandale en 1986, au festival de Grenoble, pour avoir mécontenté des anciens résistants. Le cinéma, c'est un truc qui me fascine complètement...je ne désespère pas d'y arriver." Serge a quelques projets...à suivre.

    Il a également réalisé deux 52mn : "E pericoloso Papagalli" et "Los Ringardos", trois 16mn : " C'était dans le journal", "Nos amis les êtres" et "Citrouille".

    "La télévision est aujourd'hui, qu'on le veuille ou non, le petit cinéma personnel de tout le monde, le mini-théâtre de beaucoup." Serge a fait plusieurs apparitions dans le petit écran. Dans les "Champs Elysées" et autre "Studio Gabriel" avec Michel Drucker. Des émissions à la Cinq, à la Trois, à la Deux. Dont une dans le 12/13 Rhône Alpes. "On pouvait dire : deux suzes cassis, deux ! Tiens, mois aussi, deux ! C'était devenu un classique." Il a animé aussi un jeu pour enfants : "Les incollables" avec son compère Jacques Castaldo.
    Il intervient dans "Louis la Brocante et les deux mousquetaires" en 2004.

    Depuis 2005, il fait partie de la série télévisée au succès immense, "Kaamelott" de Alexandre Astier qui passe régulièrement sur M6. Il y campe, Guethenoc, le chef bourru des paysans, un personnage récurent de la série. Un rôle important dans la carrière de Serge, il lui permettra d'attirer un nouveau public fan de Kaamelott.

    Avec la radio, Serge vit une belle histoire.
    Remplaçant de Pierre Desproges dans le "Tribunal des flagrants délires" de Claude Villers sur France Inter.
    Il anime en 1988, une émission journalière sur Radio France Isère de 10 mn. Puis une émission hebdomadaire avec Jacques Castaldo, pendant un an "Radio vipère" où les deux compères s'en donnent à coeur joie. En 1990, il est sur Sky Rock.

    Depuis quelques années, il est sur France Bleu Isère, où sa chronique : "On n'est pas des quand même" est un billet d'humeur, d'humour, voire parfois un coup de gueule. Il y donne rendez-vous à ses fidèles auditeurs, tous les matins, à 6h10 et 7h47.

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