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JOHN MAYALL

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    « John Mayall a dirigé une invraisemblable école de musiciens », Eric Clapton.

    Le 29 novembre 1933 à Macclesfield, dans la banlieue de Manchester (Cheshire), voit la naissance du premier des trois garçons de la famille Mayall.

    Une enfance en bleu

    Guitariste de jazz amateur, son père l'initie très tôt à une multitude de styles, folk, country ou swing. Fasciné par le blues. Il a déjà comme idoles définitives Sonny Boy Williamson, Freddy King ou Otis Rush et, par-dessus tout et tous, J.B. Lenoir.

    A douze ans, John Mayall fait son apprentissage de la guitare et de l’ukulélé ; à quatorze, il découvre les délices de la technique pianistique du boogie-woogie.

    Une jeunesse de toutes les couleurs

    En 1956, il crée son premier groupe amateur, The Powerhouse Four. Devant le peu de succès du combo, il se consacre à son métier de concepteur graphique.

    A partir de 1961, il initie brièvement un autre ensemble, The Blues Syndicate. Une rencontre avec Alexis Korner (authentique pape du blues britannique ), le persuade de s’installer à Londres. Il crée alors la première mouture des Bluesbreakers, rassemblant John McVie à la basse, le batteur Keith Robertson et la guitare de Bernie Watson.

    Dès cette époque, il développe d’authentiques qualités de multi-instrumentiste, passant indifféremment de la basse à la guitare, de l’orgue au piano, de l’harmonica à la batterie. En 1964, il enregistre son premier 45-tours, « Crawling Up A Hill / Crocodile Walk », lui-même avant-garde d’un premier album, John Mayall Plays John Mayall.
    Au printemps 1965, le guitariste Eric Clapton, en rupture de ban des Yardbirds , remplace Dean.

    Enregistré en 1965, l'album Bluesbreakers-John Mayall with Eric Clapton, reste sans nul doute l’un des disques fondateurs du blues britannique. Quelques reprises bien choisies et abordées respectueusement (Willie Dixon, Freddie King) et des originaux signés du chef, suscitent l’enthousiasme des audiences. Contrairement aux disques de The Rolling Stones et consorts, se contentant de revisiter les grands standards des bluesmen noirs, John Mayall s’attache dès ses débuts à composer la majorité de son répertoire. Ce disque bénéficie d’une édition en mono en 1966 et d’une version stéréo en 1969 et éveille une génération entière de jeunes anglais aux délices du blues. Il occupe en 1966, plusieurs mois durant, les premières places des classements de ventes, ce qui est un exploit pour un enregistrement de blues strict.

    Mais cette fin d’année est surtout marquée pour le musicien par le départ conjoint de Clapton et du bassiste Jack Bruce : les deux ont en projet la création d’un groupe, qui deviendra une autre légende du rock anglais, Cream.

    En 1967, il enregistre A Hard Road (intégrant pour l’occasion le guitariste Peter Green. Il fallait bien une personnalité comme celle de Green pour assurer la succession, particulièrement délicate, d'Eric Clapton. Se sentant bien vite à l’étroit dans le rôle qui lui est dévolu, il quitte le groupe à la fin de l’année, afin de fonder Fleetwood Mac.

    En tout état de cause, occasion est donnée au patron d’appeler à ses côtés un jeune guitariste de dix-neuf ans, Mick Taylor, avec lequel il enregistre la même année un album plus conventionnel, Crusade : le disque est constitué majoritairement de compositions originales, de quelques standards du blues (comme le « Man of Stone » d’Eddie Kirkland), d’un hommage au bluesman J.B. Lenoir, tragiquement disparu dans un accident automobile quelques mois avant, et de l’usuel tour de force du soliste (ici « Snowy Wood », composition co-signée par Mick Taylor).

    John Mayall enregistre le premier album solo de sa carrière ,c’est-à-dire sans les Bluesbreakers, Blues Alone.

    Les séances de 1968 aboutissent avec Barewires, projet ambitieux comprenant une suite de plus de vingt minutes et Blues from Laurel Canyon. Non crédité, Peter Green vient se mêler quelques mesures durant au jeu élégant de Mick Taylor. Toujours en 1968, Mayall est élu artiste de l’année par les journalistes de la presse britannique et entraîne son groupe dans une mémorable prestation au Festival de Newport.

    En 1969 sort l’album The Turning Point, enregistré au mois de mai de l’année précédente au Fillmore East de New York et affichant, avec le single « Room to Move », le seul vrai succès populaire de John Mayall. L’album rapporte un disque d’or et est souvent considéré comme son chef d’œuvre. Au milieu de la même année, Mick Taylor quitte Mayall pour rejoindre The Rolling Stones, en remplacement de Brian Jones, décédé.

    L’excellent Empty Rooms paraît en 1970, un album bien aidé par le succès du 45-tours « Don’t Waste My Time ». La même année, le batteur Ainsley Dunbar fait appel à ses talents de producteur pour l’album Retaliation. Résidant désormais aux Etats-Unis, John Mayall enregistre en 1970 USA Union.

    En 1971, il produit l’un des rois du blues Albert King, pour des bandes malheureusement égarées (sic), qui ne seront éditées qu’en 1985 (The Lost Sessions). Il s’offre un retour vers ses propres racines, enregistrant Back to the Roots en compagnie d’Eric Clapton, du batteur Keef Hartley et de Mick Taylor. En 1972 sort Jazz Blues Fusion .

    Une maturité sépia

    Fin 1975, malgré d’indéniables qualités, l’album Notice to Appear, produit par le Néo-Orléanais Allen Toussaint, ne rencontre pas le succès escompté. Il dissout alors son groupe et enregistre The Bottom Line en compagnie de musiciens de jazz-rock comme Lee Ritenour.

    Signe des temps, un concert enregistré en 1982 avec Mick Taylor, pourtant auréolé du plaisir nostalgique de la reformation des Bluesbreakers, ne trouve acquéreur auprès d’un label que douze années plus tard (The 1982 Reunion Concert). En 1984, John Mayall appelle de nouveaux musiciens auprès de lui : le guitariste Coco Montoya, ayant fait ses classes auprès d’une autre légende, Albert Collins, Walter Trout, autre guitariste, quitte Canned Heat, où il assurait la succession d’un Bob Hite décédé, pour le rejoindre.

    Les albums produits par cette brigade américaine (Beyond the Iron Curtain, enregistré en Hongrie, Chicago Line, A Sense Of Place,…) sont tous d’excellente facture. En 1993, il retrouve Mick Taylor, la chanteuse Mavis Staples, et une doublette de luxe en la personne d’Albert Collins et Buddy Guy, pour un Wake Up Call , nominé aux Grammy Awards.

    En 1995, Buddy Whittington, ami texan de longue date, le rejoint pour l’enregistrement de plusieurs disques de grande qualité : le nostalgique Blues for the Lost Days, ou encore Padlock on the Blues, John Lee Hooker y est un invité de marque.

    En 2001, et à l’occasion de l’enregistrement de l’album Along for the Ride, John Mayall retrouve Mick Fleetwood, John McVie et Peter Green ou Mick Taylor, mais invite également Billy Gibbons (ZZ Top), Steve Miller, Jeff Healey et Billy Preston. En 2002, l’album Stories atteint la première place des classements américains d’albums de blues. L’année suivante, Mayall fête son 70ème anniversaire au cours d’une importante tournée mondiale et un concert mémorable à Liverpool. La BBC lui rend alors hommage en lui consacrant un documentaire l’élevant au statut de parrain du blues britannique.

    En 2007, John Mayall enregistre In the Palace of the King, hommage au guitariste Freddie King.

    Copyright 2010 Music Story Christian Larrède

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