GIEDRE

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    « J’aime raconter des histoires », dit GiedRé. Cela lui donne un air innocent, dont on comprend vite combien il est trompeur. Parce que, pour trouver trace d’une chanteuse aussi férocement irrévérencieuse, il faut remonter loin dans l’histoire. Et, d’ailleurs, on n’en trouve pas.
    Il faudrait imaginer un croisement de Pierre Perret et des Sex Pistols, des Fabulettes ravagées par le syndrome de la Tourette, le professeur Choron prenant le pouvoir à L’Île aux enfants…
    Quand GiedRé chante, on ne peut résister. On rit très fort, on reste bouche bée, on n’ose y croire : cette beauté blonde au sourire de Dorothée câline fait entendre des horreurs. Du sexe déviant, des faits divers affreux, des confessions plus qu’embarrassantes… Et elle demande aux spectateurs des concerts de faire lever bien hauts leurs mains en faisant des petits anus avec les doigts.
    Elle s’interroge pourtant : « Est-ce que les gens s’attendent à ce que je parle de bébés congelés toute ma vie ? » Il est vrai que c’est ainsi qu’on l’a connue. Elle était comédienne, passée par le Cours Florent et l’Ensatt. Petits rôles et pubs… En mai 2010, elle propose au patron du bar en bas de chez elle de venir chanter quelques chansons le samedi soir. Pas d’ambition mais pas d’inhibition non plus. Ses chansons décrivent les pires atrocités avec un grand sourire naïf. Il ne faut pas longtemps pour qu’elle chante en première partie de Raphaël Mezrahi et de Laurent Baffie. On lui promet de gros moyens et un succès fulgurant.
    Pourtant, GiedRé préfère l’autoproduction. Elle enregistre des disques qui ne se commandent que sur son site et qu’elle met elle-même sous enveloppe. Depuis 2011, ça en fait, des enveloppes… Deux mille exemplaires de Mon premier album, deux mille de Mon premier CDVD, trois mille de Mon premier album genre Panninni. Underground mais déjà populaire… « Si je ne l’avais pas fait comme ça, je ne l’aurais pas fait du tout », résume-t-elle.
    Mais, maintenant, elle reconnait que, « si on a inventé les magasins, c’est bien qu’il y a une raison ». Son dernier autoproduit, Mon premier best of, est à sa sortie classé n° 1 chez Qobuz, n° 4 chez iTunes, n° 3 dans le classement GFK des compilations… Faire les enveloppes est trop lourd. Son nouvel album, avec une douzaine de chansons inédites, sort avec une distribution normale. Enfin, normale… GiedRé l’accompagne d’une bande dessinée qui résume son histoire jusqu’à maintenant.
    C’est l’histoire de Giedré Barauskaité, Lituanienne née en 1985, alors que son pays appartient à l’Union Soviétique. À sept ans, elle arrive à Paris, lorsque la fin du communisme et l’indépendance de son pays suscitent un énorme appel d’air. Elle ignorait Brassens et le folk, elle découvre le pays d’Hélène et les garçons et des SDF – un rattrapage culturel express. Tant qu’à être dans un pays libre, elle décide vite d’y être totalement libre. Artiste, donc.
    Elle sera cette chanteuse qui, armée de sa seule guitare et engoncée dans une robe godiche, ouvre devant sept mille spectateurs le Printemps de Bourges 2012. Sept mille convertis, estomaqués par son audace maquillée de candeur, horrifiés et hilares à la fois devant ses chansons sans censure ni frein.
    Car on n’a jamais entendu ça, et ça nous manquait. Ce n’est pas pour rien qu’elle cite George Carlin parmi ses références : le comique américain avait poussé le bouchon si loin que même la Cour suprême des États-Unis s’était souciée de son cas.
    Qu’on qualifie les chansons de GiedRé comme on veut – une gifle salutaire, un grand rire salvateur, une heureuse folie. Et où va-t-elle chercher tout ça ? « Je ne fais que regarder. Je n’ai que des yeux et un stylo. Arrêtez de dire que c’est drôle ou complètement farfelu. C’est la réalité. Je n’arrive à voir que ça. »
    Une artiste utile, vous dit-on…

    #LiveOlympia

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