DIVINE COMEDY

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    A priori, personne n'aurait pu deviner que Neil Hannon, né le 7 novembre 1970 à Londonderry en Irlande du Nord, deviendrait un jour un grand crooner de la pop. Certes, ce fils de pasteur s'adonne dès l'âge de sept ans à la pratique du piano, mais la future star n'est à l'époque qu'un frêle écolier timide et introverti dont l'ambition ne dépasse pas le petit périmètre de sa région natale. En 1984, Neil Hannon crée toutefois son premier groupe avec deux amis de Inniskilen, ville dans laquelle il a déménagé à l'âge de 11 ans. Il s'agit d'October constitué de Lawrence Hoy et David Graham.

    L'expérience n'est qu'éphémère et en 1989, Neil Hannon forme un nouveau groupe avec deux camarades de classe, John McCullough à la basse et Kevin Traynor à la batterie et aux percussions. A cette occasion, il donne au groupe un nouveau nom, emprunté au poème épique de Dante: The Divine Comedy. Le groupe acquiert alors rapidement une franche renommée dans le milieu musical underground et signe un premier contrat avec le Label Setanta.

    Au printemps 1990, sort le premier album, Fanfare for the comic muse, compilation de ballades nostalgiques et de musiques d'influences indiennes. L'année suivante est marquée par la sortie de deux chansons « Timewatch » et « Europop » auxquelles participera un nouveau membre: John Allen. Mais la reconnaissance n'est pas au rendez-vous et échauffés par les difficultés financières et les doutes, les membres de cet embryon de The Divine Comedy se séparent à grand fracas. Neil Hannon se retrouve seul. Forcé d'honorer son contrat avec Setanta, le chanteur continue l'aventure en solo tout en gardant le nom du groupe d'origine, The Divine Comedy.

    Il retourne alors chez ses parents à Londonderry écrire les chansons du futur album Liberation qui sera enregistré en douze jours en mars 1993. Malgré des critiques dithyrambiques, l'album ne se vend qu'à quelques milliers d'exemplaires au Royaume-Uni. Neil Hannon ne se décourage pas pour autant. En mars 1994, il sort un nouvel album, Promenade. Considéré comme un chef-d'?uvre par la critique, l'album, malgré son originalité, ne se vend qu'à 10 000 exemplaires. The Divine Comedy commence pourtant à acquérir une certaine renommée à travers l'Europe. L'hommage de Neil Hannon à Jacques Brel lors de son premier concert solo à Paris, ses incessantes références à la culture française, ainsi que l'usage de titres d'album dans la langue de Molière vont lui attirer la sympathie du public français. Toutefois, avec la question de la tournée, Neil Hannon prend conscience d'un paradoxe : les représentations qu'il s'apprête à faire sont celles d'un groupe, or il en est le seul membre. Il décide alors de faire appel à Joby Talbot, un musicien et compositeur rencontré lors des enregistrements de Promenade. Deux amis d'enfance se joignent également au groupe : le bassiste Bryan Mills et le guitariste Ivor Talbot. Le dernier, Stuart Bates, est choisi de façon surprenante : c'est le voisin de palier de Joby Talbot. On trouve en outre Miggy Barradas à la batterie, et Rob Farrer aux percussions.

    A la tête d'une formation de sept individus, Neil Hannon débute à l'automne 1994 l'écriture de Casanova. L'enregistrement commence au printemps 1995 et dure huit mois. « Le petit marquis de la pop » utilise l'instrumentation dont il a toujours rêvé : il a à sa disposition un orchestre complet. Et si Casanova, à sa sortie, n'est vendu qu'à 10 000 exemplaires, les ventes vont rapidement progresser au cours des mois suivants jusqu'à ce qu'en juillet 1997, l'album devienne disque d'or. Ce succès est en parti dû à Chris Evans, animateur de deux programmes touchant le très grand public : TF1 Friday Show et Radio one. Celui-ci, tombé amoureux du single « Something for the week-end », va le diffuser en boucle sur sa radio, et inviter le groupe pour une première apparition à la télévision.

    The Divine Comedy a enfin le vent en poupe. Il sort le 14 février 1997, jour de la Saint Valentin, A Short Album About Love, sorte de réponse romantique à la morale légère du disque précédent. L'album est enregistré en seulement deux jours au Shepherds Bush Empire à Londres avec le Brunel Ensemble, un orchestre de trente musiciens. Salué par la critique, The Divine Comedy part alors en tournée en Europe, aux Etats-Unis et au Japon. L'album suivant est pourtant bien sombre. Enregistré en février 1998 avec le Brunel Ensemble ainsi que le Crouch End Festival Chorus, Fin de Siècle est un projet ambitieux, jailli de l'angoisse du nouveau siècle. Malgré sa profonde originalité et ses folles orchestrations, l'album ne rencontre pas de succès critique. On reproche à Neil Hannon de s'être perdu dans ses excès et son goût du grandiloquent.

    L'année 1999 marque la dixième année de collaboration entre The Divine Comedy et Setanta. Le label décide de sortir à cette occasion A Secret History, un best of regroupant tous les grands succès du groupe auquel s'ajoutent quelques morceaux inédits. L'anthologie annonce la fin de la collaboration entre le groupe et Setanta. Le 12 mars 2001, The Divine Comedy sort un premier album sur le label Parlophone : Regeneration. S'en est fini des extravagances et des orchestrations monumentales des albums précédents. Nigel Godrich, le producteur de Radiohead et de Beck, permet au groupe d'évoluer vers l'épuration, le dépouillement. Neil Hannon remplace ses costumes trois pièces par des tee-shirts usés, abandonne ses lunettes noires et s'efface au profit du groupe composé de sept membres permanents. Mais ce retour aux normes n'est que de courte durée. Le 23 octobre 2001, le groupe se sépare pour des raisons dites de créativité.

    Le 29 mars 2004, la sortie d'Absent Friends marque le retour aux premières amours de Neil Hannon. Avec cet album, The Divine Comedy semble avoir trouvé le compromis parfait entre sobriété et démesure. Influencé par Scott Walker, le chanteur rendosse son déguisement de crooner et retrouve le plaisir des grandes orchestrations sans tomber, cette fois-ci, dans le piège de la préciosité.

    Cinq ans séparent la sortie d'Absent Friends du concept-album The Duckworth Lewis Method (été 2009) consacré au cricket, délaissant le nom The Divine Comedy. Ce dernier disque qui déroute les amateurs est un échec relatif. Il est rattrapé par la virtuosité de Bang Goes the Knighthood publié au printemps 2010, marquant le retour de The Divine Comedy dans ce qu'il sait le mieux faire : une pop ambitieuse et efficace.

    Copyright 2010 Music Story Anne-Laure Albessard

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