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CHRISTINE AND THE QUEENS

CHRISTINE AND THE QUEENS

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    Hiver 2010. De nuit. Elle marche dans Londres. Elle ne sait plus du tout où elle en est. À un tournant de sa vie manifestement. Ce soir-là, elle pousse la porte du Madame Jojo’s, bar interlope de Soho. Sitôt entrée, elle sait qu’elle vient de trouver un îlot salutaire. Elle y reviendra tous les soirs pendant plusieurs semaines. D’abord seule à une table, aimantée par la liberté indomptable et malicieuse des travestis qui se produisent là. Jusqu’à ce que trois « Queens » remarquent sa présence silencieuse. Et jusqu’à ce qu’un lien se tisse entre elles, au cœur, à l’os. Oui, tout va très vite : au Madame Jojo’s, on ne vient pas par hasard, on vient pour être enfin soi-même, se trouver peut-être. Aux Queens, elle raconte : elle est française, elle étudie la littérature et le théâtre (mais trimballe une entêtante frustration), elle écrit (mais ne fait qu’amonceler les pages), elle pratique le piano (mais étouffe dans le répertoire classique) ; accessoirement, elle ne parvient pas à se relever d’une rupture amoureuse qui l’a laissée face contre terre. Ce que les Queens lui diront toutes ces nuits durant, elle le gardera précieusement, comme un talisman : il faut s’inventer. Fût-ce à la marge. Hors des sentiers battus. Et vite. On n’a qu’une vie.

    Elle rentre en France. Elle déserte les écoles qui ne la nourrissent plus. Elle est forte de ces possibilités de vie si grandes qu’elle a découvertes à Londres au Madame Jojo’s. Elle s’enferme avec un ordinateur pour tout studio. Elle écrit, elle compose, elle chante, elle maquette. Avec des références aussi marquantes qu’éclectiques : du hip-hop (Kendrick Lamar, Drake...) à la pop flamboyante (Kate Bush), de Gainsbourg version Gainsbarre (« libido au plus haut, décadence totale ») au couple mythique Lou Reed-Laurie Anderson, jusqu'aux instrumentaux de Gavin Bryars et de Michael Nyman… Et bien sûr : le génie Michael Jackson. Pour tout ce qu’il a donné à entendre et à voir. L’artiste et le personnage. Car c’est bien ça aussi qu’elle cherche : à in-venter le personnage qui la fera se sentir enfin libre. En la matière, elle a une armoire entière de modèles : le Bambi américain évidemment mais éga-lement Klaus Nomi, Andy Kaufman ou encore Narcisse auxquels elle s’identifie le temps de l’écriture et qu’elle ressuscite comme pour mieux trouver… Christine.

    Voilà : elle s’appellera Christine, et les chœurs qui résonneront dans ses chansons seront toujours à l’effigie des trois Queens de Londres, comme un écho infiniment reconnaissant. Christine and The Queens, donc. Cheveux en arrière, menton haut, col boutonné tout aussi haut. Son genre : jamais certain. Grande fille, petit garçon, et parfois homme. Enfant bizarre. Il n’y a qu’une blessure : celle de n’être que soi-même et ce n’est plus un problème puisqu’elle est dorénavant Christine, un être enfin pluriel et sans entrave, aussi mouvant qu’un Orlando.

    Christine and The Queens, c’est quand même bien pour de vrai. C’est d’abord trois EP : « Miséricorde », « Mac Abbey » et « Nuit 17 à 52 ». C’est une sélection dans le peloton de tête du CQFD des Inrocks. Christine and The Queens, c’est des concerts de chauffe, seule en scène avec son ordinateur, puis des premières parties au côté de The Do, puis de Stromae. C’est une prestation à la grâce saisissante aux Victoires de la Musique où elle est nominée dans la catégorie « Révélation Scène ». Enfin, c’est une fille qui plonge très vite dans la conception d’un album, qui écrit une trentaine de titres pour en retenir onze. Une fille qui retourne à Londres et s’enferme avec celui qui réalisera l’album avec elle – Ash Workman (Metronomy) – et deux frères multi-instrumentistes – Michael Lovett et Gabriel Stebbing. Christine sait parfaitement ce qu’elle veut (« Less is More ») : un minimalisme puissant ; le moins d’instruments et de pistes possibles mais partout : l’imparable des rythmes, l’évidence organique des voix, la recherche de teintes contemporaines (notamment dans l’alliage analogique / électronique), et le renfort inspiré des cordes. C’est au final : « Chaleur Humaine », portrait de Christine et de ses sœurs queer. Autant dire : une échappée loin des corsets et des cases. Un hommage à l’imprévisible, à la rencontre, à l’invention de soi et du corps (qui devrait toujours survivre à la jeunesse !). Un album écrit majoritairement en français mais cultivant de subtils virages vers l’anglais et s’autorisant, au passage, une reprise très inattendue : « Les Paradis Perdus » de Christophe.

    Bientôt Christine sera évidemment de sortie : sur scène. Pas de terreur, tout au contraire : c’est l’ultime refuge où elle existe pleinement et vraiment. Là, d’autres phares : Pina Bausch, Bob Fosse, Chaz Buzan, Maggy Marin… Elle s’y prépare comme une athlète. Car la scène musicale doit être performance. Un « show » freaky et pop qui mêlera musique, théâtre, danse et vidéo : toujours à l’image de l’héroïne qui vient de naître.

    Arnaud Cathrine

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