BLUES BROTHERS BAND

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    À propos

    John Adam Belushi avait toujours voulu devenir un chanteur célèbre. Il forme un groupe de rock à 15 ans dans sa commune natale dans la grande banlieue ouest de Chicago, devient la star de son collège où malgré sa petite taille il est costaud, et se retrouve capitaine de l’équipe de football. Après quatre ans d’études et d’art dramatique, il est à 22 ans en 1971 le plus jeune membre de la deuxième troupe théâtrale de Chicago.

    « Joliet » Jake & Elwood Blues

    Quatre ans plus tard il intègre l’équipe du fameux show TV Saturday Night Live. Avec les comédiens Steve Martin, Chevy Chase et plus tard Eddie Murphy, John Belushi en devient l’une des vedettes incontournables. L’Amérique découvre son talent comique lourdaud en 1978 quand il est la vedette du film parodique de John Landis National Lampoon’s Animal House où il interprète le hit de Barrett Strong « Money », et celui de Richard Berry « Louie, Louie ». Le 22 avril il crée avec un autre comédien du show TV, le Canadien Dan Aykroyd, le duo en noir et blanc des Blues Brothers, avec costumes, cravates, chapeaux et lunettes noires et chemises blanches, qui trouve aussitôt son public.

    Aykroyd, après des études en criminologie, était lui aussi devenu célèbre à Toronto dans la deuxième troupe théâtrale de la ville, avant d’intégrer le Saturday Night Live. Sous les pseudonymes respectifs de « Joliet » Jake & Elwood Blues, les deux compères se composent un répertoire de standards du Rhythm ‘n’ Blues et du Blues, et accompagnent Steve Martin en tournée. Leur numéro bien au point, de la chorégraphie au choix des chansons, à leurs personnalités pince-sans-rire raides dotées de timbres de voix corrects, décident la marque Atlantic à les signer en tant que comiques bénéficiant d’une notoriété nationale. Mais la productrice de l’album et son directeur musical, Paul Shaffer (qui deviendra plus tard le chef de l’orchestre indétrônable du talk-show de David Letterman), ont l’idée non seulement de les enregistrer sur scène (à l’Universal Amphtheater à Los Angeles) mais surtout de les entourer de musiciens exceptionnels qui connaissent le répertoire par cœur : les vieux routiers guitaristes Matt Murphy et Steve Cropper, et Donald Dunn à la basse, ces deux derniers ex-MG’s (de Booker T. & The MG’s), Steve Jordan à la batterie, et une section de cuivres époustouflante, composée de Tom Malone, Lou Marini et Tom Scott et Alan Rubin.

    Lancé par une reprise dévastatrice de Sam & Dave, « Soul Man », l’album Briefcase Full Of Blues est un succès inattendu aux Etats-Unis début 1979 où il est n°1 et se vend en quelques mois à deux millions d’exemplaires. On y remarque aussi des versions réjouissantes du charabia des Chips (1956) « Rubber Biscuit », l’épatant « B Movie Box Car Blues » de l’encore méconnu Delbert McClinton, et l’absence de la face B du 45t « Soul Man » (et de toute compilation des BB) : « Excusez Moi Mon Chérie » (sic). Steven Spielberg les engage pour son quatrième film en 1979, 1941, et John Landis pour le film comique qu’il a co-écrit et basé sur leurs personnages, The Blues Brothers l’année suivante, en espérant faire rire avec des dizaines d’accidents de voiture de police et une histoire rocambolesque qui tient en une page et pleine d’invraisemblances.

    Malgré des critiques qui l’éreintent, le film fonctionne grâce au duo, à la musique et à quelques scènes « cultes » qui mettent en scène des stars de la Soul alors quelque peu en perte de vitesse : Aretha Franklin, James Brown, Ray Charles, et Cab Calloway le chanteur swing jazz qui s’en tire le mieux. Film et B.O. sont deux énormes succès, cette dernière devenant l’un des fleurons du fonds de catalogue d’Atlantic, grâce à de formidables reprises comme « Gimme Some Lovin‘ » du Spencer Davis Group, « Everybody Needs Somebody To Love » de Solomon Burke ou « Think » d’Aretha Franklin. Atlantic capitalise sur le succès de la B.O. du film en publiant dans la foulée les fonds de tiroirs « live » de Made In America.

    Triste fin du clown

    Mais Belushi se fatigue de son rôle d’amuseur public, quitte le show TV, et en 1981 après un rôle sérieux dans The Continental Divide de Michael Apted, il retrouve son alter ego dans une dernière pochade pour le navet Neighbors qui est sa dernière apparition au cinéma. Durant les années 70 John Belushi était cocaïnomane, puis s’était converti à l’héroïne fin 81. Après une nuit de drogue et de beuverie dans une suite à 200 dollars la journée de l’hôtel Château Marmont dans West Hollywood, il meurt dans son sommeil le 5 mars 1982 après une overdose d’héroïne et de cocaïne, cocktail fatal préparé par sa copine la chanteuse Cathy Evelyn Smith, qui s’enfuit au Canada mais finit par se rendre à la justice. Accusée de meurtre et plaidant coupable devant un tribunal de Los Angeles, elle est condamnée pour homicide involontaire à une peine de trois ans d’emprisonnement et n’en purgera qu’un an et demi.



    Elwood sans Jake


    Dan Aykroyd poursuit sa carrière d’acteur et de scénariste, comme dans The Great Outlaw en 1988 où il reprend son personnage d’Elwood Blues (version trépidante de « Land Of Thousand Dances » dans la B.O.) tandis qu’une bonne partie de l’orchestre mythique reprend la route à la fin des années 80, suite aux succès de bon nombre de « best of » et de campagnes de pub TV. Le 12 juillet 1989 le Blues Brothers Band se produit au festival de Montreux (Live In Montreux) et le 1er novembre 1990 à l’Olympia à Paris : « La dernière fois que j’ai joué ici, c’était en 1968 avec Aretha Franklin ! » (Steve Cropper). Un peu convaincant Larry Thurston de remplacement étant heureusement supplanté pour une partie du show par le toujours fringant Eddie Floyd. Le BBB a remis le couvert en 1992 avec le tiède Red, White & Blues, et cinq plus tard à Chicago avec Jim Belushi à la place de son frère. Les groupes « clones » ont fleuri ensuite, notamment en France, où un « Blues Brothers » de pacotille s’est produit en toute légalité en province dans les années 90, le patronyme B.B. n’appartenant à personne.

    A la fin des années 90 Aykroyd et Landis écrivent et produisent une suite au film, Blues Brothers 2000 (sorti en 1998) qui réunit dans une joyeuse ambiance Aykroyd, John Goodman, James Brown, BB King, Eric Clapton, Bo Diddley, Isaac Hayes, Dr John et Wilson Pickett, entre autres.

    Copyright 2010 Music Story Jean-Noël Ogouz

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