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BB KING

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    « Il n’y aura probablement jamais plus de parcours musical comparable à celui de B.B. King » Colin Escott

    On dirait le Sud

    Riley Ben King (donc passé à la postérité sous le nom de B.B. (pour Blues Boy) King, est né, le 16 septembre 1925, à Itta Bena, dans ce Sud des Etats-Unis (une plantation de coton) qui ne fait rire que les cartes postales. D’une enfance, parfois partagée dans la douleur entre mère absente mais très pieuse, qui le prémunit contre les dangers du blues (elle décèdera alors qu’il n’est âgé que de quatre ans), et grand-mère tendrement attentive, on retiendra assez banalement l’apprentissage de la musique à l’église (le gospel, partout et toujours), des petits boulots (métayer, laboureur, conducteur de tracteurs), et, à l’occasion de retrouvailles avec son père, un déménagement précoce (1943) à Indianola, ville située au cœur du Delta. Dans son quotidien, le jeune homme constate bien vite que chanter dans les rues de la ville rapporte bien davantage que travailler en usine. Il épouse précocement une jeune fille prénommée Martha.

    Si le gospel reste naturellement au centre de ses premières influences musicales majeures, à parité avec les grands noms du blues de l’époque (comme Lonnie Johnson, l’un des artisans essentiels du développement de la guitare blues, ou T-Bone Walker, dont le « Stormy Monday » incitera le jeune garçon à s’intéresser à ce type de musique, qu’il découvre particulièrement à la fin de son service militaire, à l’issue de la seconde guerre mondiale), le jazz y occupe également une place de choix : B.B. King écoute régulièrement le manouche Django Reinhardt, et celui qu’on considère comme l’inventeur de la guitare électrique, Charlie Christian. D’un point de vue plus exotique, le jeune homme subit également l’empreinte de la country. Dès cette époque, il se produit dans un quatuor de rue, spécialiste du gospel, les Elkhorn Singers.

    C’est en 1943, à Greenwood (Mississippi) qu’il participe à sa première émission de radio. En 1946, King s’installe à Memphis pour une dizaine de mois (et un emploi dans une usine) : il y retrouve son cousin, le chanteur de country blues Booker T. Washington dit Bukka White, qui lui offre sa première guitare, et l’initie, à la fois à quelques rudiments de l’instrument (le style de King se construit, en fait, sur la transposition des sonorités que son parent obtient sur un manche grâce à l’emploi d’un bottleneck)…et à la fois à l’attraction que peut exercer la musique sur la gent féminine. Dans les deux circonstances, King développe un doigté incomparable. Son style est peaufiné : des soli de note à note, un chant de velours où règne un sublime vibrato, et une guitare en prolongement de la voix, à moins que ce ne soit le contraire.

    1948 voit l’installation prolongée du jeune musicien dans la capitale du Tennessee : sa carrière commence à prendre de l’ampleur grâce à ses participations (comme musicien, mais également, plus prosaïquement, en tant qu’animateur et dj), aux émissions de radio à l’adresse du public noir. Il participe ainsi aux shows du grand Rice Miller Sonny Boy Williamson. Entre deux spots pour un vague élixir alcoolisé et miracle, c’est là qu’il se voit affublé de son surnom de Blues Boy.

    C’est en 1949 que le guitariste enregistre pour la première fois (en particulier une pièce – « Miss Martha King » – en hommage à sa femme), pour le compte d’un jeune producteur débutant, un certain Sam Phillips (dont le rêve de Sun Studios qui accueilleront Elvis Presley, Carl Perkins, Jerry Lee Lewis, ou Johnny Cash, n’est encore que perdu dans le lointain de ses rêves). Grâce à l’intermission d’Ike Turner, King signe sur RPM, label des frères Bihari (par ailleurs patrons des compagnies subsidiaires Kent ou Modern).

    Révolution de l’époque : certaines de ces sessions sont captées par un matériel portatif d’enregistrement, ce qui permet à King de graver, en 1951, son premier hit (« Three O’Clock Blues ») dans une auberge de jeunesse. Il est accompagné dans l’exercice par rien moins que le pianiste Johnny Ace, et la future star du soul blues Bobby Blue Bland, avec lesquels il tourne sous le nom des Beale Streeters. Dès lors, impeccablement vêtu de smokings, B.B. King ressuscite l’âge d’or des chefs d’orchestre de l’ère swing des années quarante.

    On dirait une légende

    C’est à l’occasion d’un concert dans une petite ville de l’Arkansas que se construit l’un de ces contes de fée dont la musique populaire est friande. En plein show, deux jaloux à sang chaud se disputent pour les beaux yeux d’une belle. Dans la bagarre, un bidon de pétrole est renversé sur le poêle, unique chauffage de la pièce, ce qui met le feu au baraquement.

    Après s’être initialement enfui devant l’incendie, King se ravise (difficile de laisser partir trois cents dollars en fumée), et plonge dans les flammes afin de récupérer sa guitare. Apprenant a posteriori que la jeune femme à l’origine de ces débordements passionnels s’appelle Lucille, il décide de désigner son instrument de ce prénom, en souvenir de sa propre stupidité à frôler aveuglément le danger. Il y aura beaucoup de Lucille par la suite, jusqu’à la décision de la manufacture Gibson de commercialiser une ligne de guitares sous ce nom.

    On dirait une marche en avant

    B.B. King – qui alors tourne sans cesse -, devient un incontournable personnage de la scène rhythm and blues durant les années cinquante, et durcit son attaque du manche, enchaînant une vingtaine de succès (dont, en 1950, l’immortel « Woke Up This Morning », qui sera par la suite volé par une génération entière de groupes britanniques de blues, et, en 1955, une version de « Everyday I Have The Blues », succès du guitariste gourmand – dans sa capacité à embrasser tous les styles, jusqu’à une reprise du « Why Don’t We Do It On The Road » des Beatles - Lowell Fulson, et inspiré de Leadbelly et Memphis Slim).

    Les années 60 débutent de semblable façon, mais King, à l’étroit dans le contexte qu’il connaît depuis le début de sa carrière (et où il perd à satiété royalties et droits d’auteur), décide de signer sur un label multinational, ABC-Paramount : il y retrouve rien moins que Ray Charles (un modèle commercial pour B.B.), Fats Domino, et Lloyd Price.

    C’est au mois de novembre 1964 qu’il enregistre à Chicago l’un de ses albums phares, Live at the Regal (dans lequel il fait montre d’un triple talent de chanteur, guitariste, et homme de spectacle). Le 4 avril 1968, il organise un concert en l’hommage de la mort du leader noir Martin Luther King, en compagnie de Buddy Guy et Jimi Hendrix.

    En 1969, King, donnant une version en mineur dans l’album Completely Well d’une chanson composée par le pianiste Roy Hawkins (le pianiste le plus malchanceux de toute l’histoire du jazz, dont le nom sera oublié dans les premiers pressages du disque, et qui perdit un bras dans un accident de voiture) atteint le centre de la cible. « The Thrill Is Gone » devient, non seulement un nouveau tube pour le guitariste, mais un succès déchaînant les passions du public blanc, plus accoutumé à des parfums pop. C’est à cette occasion que l’homme du sud conçoit toute l’importance d’une section de cuivres (et de l’emploi des cordes) en soutien à sa voix. B.B. King parvient ainsi à une quasi-perfection de l’utilisation d’un big band (une douzaine de musiciens) dans le contexte du blues. Et c’est la même année qu’il assure, en compagnie de Ike and Tina Turner, la première partie de la tournée des Rolling Stones (huit dates), asseyant définitivement sa réputation au sein d’un plus large public.

    On dirait une star

    Alors que la scène blues plonge en pleine déliquescence, B.B. King maintient haut son activité durant les années 70 (il suffit d’écouter l’album Live at Cook County Jail – au bénéfice de convicts du district - pour considérer cela comme une évidence). Car il est talentueux, certes, mais également parce qu’il ne se cantonne pas à un idiome strict, n ‘hésitant pas à enregistrer avec la section rythmique de groupes aussi sophistiqués que les O’Jays ou les Spinners, à concevoir des duos (avec son vieux complice Bobby Bland) quand le genre a la faveur du public, à reprendre des chansons de The Lovin’ Spoonful, ou à plonger dans le jazz funk aux côtés des Crusaders.

    Ainsi, il partage en 1970 un studio avec quelques stars du marché blanc, comme Joe Walsh, Carole King, ou Leon Russell (Indianola Mississippi Seeds). En 1971, et pour le compte de l’album In London, il croise Ringo Starr, l’ex-Small Faces Steve Marriott ou Peter Green (Fleetwood Mac). Certes, certaines de ses tentatives (en particulier lorsqu’il s’approche d’un peu trop près de la country nashvillienne), restent à oublier d’urgence. Mais on peut considérer que le guitariste tire en général remarquablement son épingle du jeu…tout en conservant le goût de ses racines, et en se réservant chaque mois de juin un retour aux sources à Indianola, retraite et manifestation qu’il intitule lui-même le Mississippi Homecoming. En 1977, B.B. King est fait doctor honoris causa de l’Université de Yale.

    En 1979, il assure une tournée inédite en URSS. En 1980, il est intronisé dans le Rock And Roll Hall Of Fame, naturellement dans la section blues de cette distinction. En 1982, il fait don de sa collection d’albums et de 78 tours de blues, jazz et country, à l’Université du Mississippi.

    En 1983, il obtient un Grammy Award à l’occasion de la réalisation de son album Blues’n’Jazz. Le 16 septembre 1985, le guitariste fête son soixantième anniversaire avec l’enregistrement de son cinquantième disque, Six Silver Strings le bien nommé. La même année, il apparaît dans la série de films de John Landis Nuit blanche pour série noire (on le verra également dans le Spies Like Us du même, et, en 1987, dans Amazon Women On the Moon de Joe Dante). En 1988, il est lauréat d’un Grammy Award pour l’ensemble de sa carrière.

    S’il maintient haut l’invraisemblable quantité de concerts qu’il assure annuellement (environ trois cents dates !) durant cette période, les années 80 voient une incontestable baisse d’activité en matière d’enregistrements (conséquente d’ennui de santé dû à son diabète).

    Toutefois, la fascination qu’il exerce sur les jeunes musiciens blancs trouve une nouvelle acception dans l’enregistrement de « When Love Comes to Town » pour le compte de l’album de U2 Rattle And Hum (groupe qu’il suivra en tournée).

    En 1990, il se voit remettre la Médaille Présidentielle des Arts des mains du Président des Etats-Unis. La même année, il assure son soixantième concert depuis une prison, et enregistre son cinquième album dans les mêmes circonstances, dans le contexte de la création d’une fondation pour la réinsertion des détenus.

    En 1991, il devient propriétaire du Memphis Blues Club (il en fait de même à Los Angeles en 1994). En 1992, l’album Live At The Apollo remporte le Grammy Award du meilleur album de blues de l’année. En 1997, il offre une guitare, et un concert de Noël, au pape Jean-Paul II.

    En 1998, il est nommé Ambassadeur de la Musique par le gouvernement des Etats-Unis, et représente son pays lors de l’Exposition Universelle de Lisbonne, au Portugal.

    Le 15 février 2005, est décrété B.B. King Day par l’état du Mississippi. Et, de plus, la dernière décennie le voit en remarquable forme du point de vue discographique, multipliant les hommages à Louis Jordan, des duos avec des copines et copains de classe (Etta James, Koko Taylor, John Lee Hooker), ou une rencontre tant différée, et tant attendue, avec Eric Clapton (Riding With The King, 2000), pour le premier album Disque de platine du maître.

    Lors de sa tournée européenne d’adieu (adieu ? On peut s’interroger, car comme il l’assure lui-même, en référence explicite à Sean James Bond 007 Connery : Never say never…) de 2006, il s’est produit à Montreux, Paris, Londres, en compagnie de Gary Moore, David Sanborn, George Duke ou Barbara Hendricks.

    Plusieurs fois titulaire d’un Grammy Award honorant ses disques, classé par le magazine Rolling Stone troisième meilleur guitariste de tous les temps, il a placé ses albums, à plus de soixante-dix reprises en trente années, dans les classements des meilleures ventes rhythm and blues. Par sa maîtrise absolue de l’orthodoxie du genre, mais également sa capacité à élargir les frontières naturelles de sa musique de prédilection (jusqu’aux scènes de Las Vegas), par son aptitude à la perfection dans l’économie des moyens, B.B. King reste incontestablement le plus important, et influent, chanteur, guitariste et entertainer de blues des soixante dernières années. Et son Roi.


    Copyright 2010 Music Story Christian Larrède

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