ASPHALT JUNGLE en concert à l'Olympia

ASPHALT JUNGLE

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    Au début des années 1970, Paris était encore un creuset important dans le milieu de l’underground. Bien que concurrencée par ces nouveaux viviers de la création contre-culturelle qu’étaient devenues Londres et San Francisco, notre bonne vieille capitale n’avait pas encore à rougir de ses minots libertaires, inspirés tant par la nouvelle donne sociétale qui avait suivi Mai 68 que par un certain esthétisme pré-punk et post-glam qui trouvait sa source dans les derniers balbutiements de ce qu’on commençait à peine à nomme hard-rock. L’histoire d’Asphalt Jungle s’inscrit au cœur de cette décennie, que les nostalgiques regrettent encore pour sa créativité et que les réalistes remercient le ciel de n’avoir pas connu pour les excès de son esthétique douteuse si particulière. Asphalt Jungle a donc mûri dans cette capitale en effervescence, à l’ombre des « pattes d’eph’ », des babas et du patchouli. La vague punk fut certes une réaction contre une société patriarcale post-gaulliste traditionnelle, mais également contre cette hystérie du cheveu long bouclé, du Flower Power et des combis Wolkswagen multicolores. À l’apathie enfumée des champs, la ville allait opposer les hurlements hystériques issus du trottoir et des lieux interlopes des grandes métropoles.

    Cependant, entre 1972 et 1976, les prémices de la vague punk n’étaient pas encore entrées dans une classe ouvrière farouchement haineuse d’une certaine jeunesse dorée qui avait pris les chemins de Katmandou et du Larzac en quête respectivement de beuh, de plénitude, de zen et de spiritualité karmique au son des accords planants (et mous du genou) de Ravi Shankar et d’Aphrodite's Child. C’est sous les auspices d’un certain dandysme décalé qu’apparut Asphalt Jungle, créé par Patrick Eudeline, alors rédacteur à Best, l’un des titres incontournables de la presse rock. Nourri de références dadaïstes, piochées aussi bien chez Burroughs que chez W.R. Burnett (à qui le groupe doit son nom), Eudeline ne jure alors que par la scène de Detroit (les Stooges, Frost...), mais aussi par certains « vieux de la vieille » du rock ’n’ roll, comme Vince Taylor ou les Flamin’ Groovies. Suite à une première prestation à Noisy-le-sec, qui se termine par des jets de canettes de la part du public, Eudeline fait la connaissance de  Rikki Darling (Eric Feidt à la ville), guitariste transfuge de Métal Urbain, avec lequel il s’associe. Autour de ce duo, disciple du maître de cérémonie de la scène proto-punk Yves Adrien de Rock & Folk, les deux compères dandys s’entourent d’un panel de musiciens qui fluctueront du temps et donneront naissance à Asphalt Jungle, groupe punk défrichant un terrain musical encore peu connu dans l’hexagone aux côtés d’autres vénérables papys tels Métal Urbain, Stinky Toys, ou Marquis de Sade, gravitant sur les scènes parisiennes. Soutenus par les critiques laudatives de Best, Rock & Folk et Actuel, cette nouvelle scène commence à écumer les bars rocks et les boîtes chics. Quelques artisans de cette punk-culture naissante comme le gourou journalistique Yves Adrien ou le tourmenté Alain Pacadis viennent grenouiller dans les backstages de cette vague naissante et dont le Gibus, salle de concert alternative parisienne, constitue l’épicentre.

    Dès ses débuts, Asphalt Jungle renoue avec une certaine esthétique des années 60 (cravates lacets, vestes cintrées, lunettes noires), mais la détourne pour la rendre conforme aux critères du moment. Quant bien même ce look « pop-cultureux » sera adopté par la suite par Thierry Ardisson ou Maurice G. Dantec, c’est d’abord aux membres d’Asphalt Jungle qu’il offre une identité visuelle. En 1977, le groupe signe avec Cobra, un petit label spécialisé dans le rock. Ce sera la sortie du premier disque 4 titres du groupe, « Déconnection », lequel rencontre un certain succès. Un second 45 tours sort en février 78 : « Planté comme un privé ». Dans les mois qui suivent, Asphalt Jungle voit quelques-uns de ses titres repris sur diverses compilations. Eudeline, qui n’a ajamais caché qu’il était à la recherche d’une major pour sortir les prochains opus du groupe réussit enfin à signer avec EMI à la fin de l’année 78.  Le résultat sera incontestablement le meilleur single du groupe, « Poly Maggoo ». Hélas, ce n’est pas le carton espéré et Eudeline n’insiste pas. Asphalt Jungle, groupe essentiellement parisien ne tourne pas assez pour s’ouvrir à un large public et les musiciens décident d’un commun accord de laisser tomber l’affaire. Chacun repart vers ses propres horizons. Eudeline, pour sa part, poursuivra une carrière musicale solo allant de pair avec ses chroniques (Rock & Folk, Nova…) tout en promenant sa silhouette de dandy dans les lieux de l’underground chic parisien. Écrivain, il signe plusieurs ouvrages consacré au mouvements punk et gothique ou romans se déroulant dans cet univers (L’Aventure Punk, Ce siècle aura ta peau, Soucoupes Violentes, Dansons sous les Bombes...). Rares sont les disques d’Asphalt Jungle à avoir connu une réédition sous forme de CD. Quelques titres sont dénichables sur des compilations consacrées au punk français (« Les 30 Plus Grands Succès du Punk », « Le Rock d’ici à l’Olympia », « Nos Années Punk », « Punk en France »...), mais aucun album studio, compilation ou même un live perdu exhumé d’une antique cave par un archéologue à crête n’a eu la chance de passer au format numérique.

    En soi, la contribution d’Asphalt Jungle au punk français aura été quantitativement modeste (trois 45 tours en tout et pour tout), la bande à Eudeline et Darling aura cependant eu le mérite de défricher un terrain jusqu’alors vierge. Si aujourd’hui, à l’écoute, des titres comme Déconnection ou Poly Magoo accusent leur âge tout en évoquant le souvenir de la fin d’une décennie 70 qui se cherchait musicalement, ils n’en ont pas moins eu le mérite d’avoir posé les premiers jalons du courant punk hexagonal, lui donnant ses premières références et contribuant à créer une scène alternative qui arrivera à maturité dans les années 80.

    Copyright 2010 Music Story Benjamin D'Alguerre

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