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ARETHA FRANKLIN en concert à l'Olympia

ARETHA FRANKLIN

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    À propos

    Aretha Louise Franklin voit le jour le 25 mars 1942 à Memphis (Tennessee), mais sa famille s’installe à Buffalo (état de New York), puis dès 1948 à Detroit (Michigan). Elle n’a que sept ans lorsque sa mère Barbara quitte le foyer familial, avant de décéder prématurément.

    Du berceau à l’église

    Le père de famille Clarence LaVaughn Franklin est un pasteur et militant reconnu des droits civiques, commercialisant ses sermons enregistrés sur disques. Aretha a deux sœurs, Emma et Carolyn (qui tenteront chacune de leur côté une carrière dans la chanson), avec lesquelles elle se retrouve dans la chorale de la paroisse. Comme beaucoup de petites filles de sa génération, elle reste profondément influencée par les racines gospel de son art. Elle enregistre son premier disque à l'âge de quatorze ans, The Gospel Soul of Aretha Franklin, dans lequel elle s’accompagne déjà au piano.

    De l’église au studio

    Lorsqu'elle s’installe à New York au début des années soixante, le producteur John H. Hammond, Sr. est séduit par sa voix. Malgré quelques modestes succès (« Rock-a-Bye Your Baby with a Dixie Melody »), le label Columbia échoue à la transformer en chanteuse de jazz. Certains albums restent tout à fait audibles aujourd’hui (The Electrifying Aretha Franklin, 1962), mais il est évident que cette période se caractérise par une absence totale de direction artistique. Il reste quelques beaux disques de l’ère Columbia où elle s’attaque au répertoire des grandes anciennes (Unforgettable: A Tribute to Dinah Washington, 1964).

    Du studio Atlantic à un océan de merveilles

    En 1967, Aretha rallie le label Atlantic et s’associe avec les producteurs Arif Mardin et Jerry Wexler. Les premières séances dans les studios de Fame à Muscle Shoals (Alabama) produisent « I Never Loved a Man (The Way I Love You) », premier grand hit de la chanteuse. Ce n’est que le début d’une suite exceptionnelle de hits incluant « Respect », « Chain of Fools », « Baby I Love You », « I Say a Little Prayer », « Think », « The House That Jack Built » et beaucoup d’autres. Aretha Franklin enchaîne dix hits classés dans le Top 10 en dix-huit mois, et une production constante de succès les cinq années suivantes.

    Ses albums sont de grands disques. Elle enregistre ainsi le carré d’as des disques de la soul music en quelques mois : I Never Loved a Man (The Way I Love You) et Aretha Arrives (1967), Lady Soul et Aretha Now (1968). Aretha Franklin devient le symbole de la communauté noire : elle se positionne en tête d’une décennie de combats pour les droits civiques, et devient alors l’absolue Queen of Soul.

    Elle est la première chanteuse à apparaître en une du magazine Time ; Martin Luther King lui remet le Christian Leadership Award. Sa version de la chanson « Respect » d'Otis Redding (n°1), toute en passion déchaînée, est assimilée par la communauté noire à un chant revendicatif. Mais les tabloïds préfèrent retenir cet incident de 1969 où elle est arrêtée pour tapage nocturne à Detroit.

    Le début des années 1970 se poursuit sur un rythme équivalent : ses versions de « Bridge Over Troubled Water » (Simon and Garfunkel) et de « Spanish Harlem » lui procurent de nouveaux hits, auxquels il convient d’adjoindre « See Saw », « The Weight » (The Band), et « Share Your Love with Me » en 1969 ; « Call Me », « Spirit In the Dark » et « Don’t Play That Song » en 1970, « Rock Steady » en 1971, ou « Day Dreaming » en 1972. Les albums de grande facture se succèdent : Aretha in Paris (enregistré en 1968 à l’Olympia), Soul ‘69, This Girl’s in Love With You (1970), et le très prophétique Spirit in the Dark (1970).

    C’est durant cette période qu’elle enregistre ce que beaucoup considèrent comme l’un de ses albums les plus aboutis, Aretha Live at Fillmore West (1971). La même année sort l’emblématique Young, Gifted & Black. En 1972, elle rend hommage à son père et à la communauté baptiste dans Amazing Grace.

    Les albums se succèdent toujours avec bonheur : Hey Now Hey (The Other Side of the Sky, produit en 1973 par Quincy Jones), ou Sparkle (produit en 1976 par Curtis Mayfield) démontrent amplement qu’Aretha Franklin evolue sans dénaturer son art. Nul ne présume qu’il s’agit là de chants du cygne artistiques. En 1978, elle épouse l’acteur Glynn Turman (ils divorceront en 1984).

    Des merveilles à la légende

    La fin des années soixante-dix sonne le glas des triomphes artistiques et commerciaux de la Reine de la Soul : « Angel » et « Until You Come Back to Me » (reprise de Stevie Wonder) allument de rares lumignons dans une époque troublée, qui voit Aretha quitter Atlantic, pour la compagnie Arista, et opter pour des albums formatés. Pourtant, le soleil luit de nouveau sur le plateau du film des Blues Brothers où elle interprète un volcanique « Think ».

    Certes, dans les années 1980, son succès ne se dément pas, même si ses albums sont désormais plus standardisés (en particulier les deux albums produits par Luther Vandross : Jump to It en 1982 et Get it Right en 1983). En 1984, elle renonce à tenir le rôle de Mahalia Jackson dans la comédie musicale Sing, Mahalia, Sing : elle est alors poursuivie pour rupture abusive de contrat. Who’s Zoomin’ Who (1986), produit par l’Eurythmics Dave Stewart, rallie tous les suffrages de vente, et son duo avec George Michael (« I Knew You Were Waitin’ for Me » en 1986) devient n°1, et lui permet de se voir attribuer un nouveau Grammy Award. Keith Richards apparaît dans Aretha (1986).

    Le 3 janvier 1987, elle est la première femme à être honorée par le Rock and Roll Hall of Fame. La même année, elle gratifie son public d’un retour au gospel avec le très convaincant One Lord, One Faith, One Baptism. En 1988, sa sœur Carolyn disparaît, victime d’un cancer. En 1989, elle enregistre des duos avec Elton John et Whitney Houston. En 1994, elle se voit attribuer un Grammy Award pour l’ensemble de sa carrière. A Rose Is Still a Rose (1998) voit la divine adopter rap et hip-hop.

    Le 5/2/2006, elle interprète l’hymne national aux côtés de Dr. John et Aaron Neville à l’occasion de la finale du Super Bowl et chante pour le nouveau présiden Barack Obama le 20/1/2009.

    Copyright 2010 Music Story Christian Larrède

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