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AGNES OBEL

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    Album : Aventine - sortie le 30 septembre 2013

    S’est-il réellement écoulé près de trois ans depuis Philharmonics ? Le premier album d’Agnes Obel semble toujours frais comme une pâquerette. Une fleur délicate, devenue un phénomène tranquille, qui s’est vendu à près d’un demi-million d’exemplaires à ce jour. Philharmonics a été certifié disque d’or en Hollande, platine en Belgique et en France, et quintuple platine dans son pays natal, le Danemark, où Agnes a remporté cinq Danish Music Awards (l’équivalent danois des Brits) en 2011.

    On dit que le deuxième album est le plus difficile d’entre tous. L’artiste passe sa vie entière à préparer son premier LP, mais dès qu’il est sorti, le compte à rebours démarre pour le suivant. Comment Agnes Obel, lauréate du prix European Border Breakers (qui récompense les artistes ayant obtenu un succès en dehors de leur pays avec leur premier album) en 2012, a-t-elle donc réussi à éviter les traditionnels écueils de l’album n°2 ?

    Sur Aventine, Agnes Obel met les choses en perspective. Un deuxième album ajoute de la profondeur à l’image, sans quoi le premier disque reste un unique instantané de génie, sans réelle indication de vers où nous emmène le voyage.

    Maintenant nous savons.

    Aventine est un disque magnifique, qui se déploie de façon fascinante, sans aucune précipitation. Si le premier était une balade en forêt, celui-ci prend le temps de contempler la beauté et de sentir la texture d’une seule feuille. Il est à la fois microcosmique et universel.

    Toutes les chansons d’Aventine ont été écrites (paroles et musiques), enregistrées, produites et arrangées par Agnes Obel, entre le début de l’année 2012 et la fin du printemps 2013, chez elle à Berlin et dans un studio du district de Kreuzberg, loué à l’été 2012. Les aficionados reconnaîtront les deux exceptions, « Fuel to Fire » et « Smoke & Mirrors », écrites en 2010, qui faisaient partie de la liste des titres joués en concert en 2011.

    Quand Bowie est venu à Berlin, il a inclus la ville dans le processus de fabrication même de ses chansons. Sur « Heroes », c’était son producteur, Tony Visconti, qui se tenait « debout près du mur ».

    Agnes, toutefois, crée son propre monde, ou comme elle l’appelle, sa bulle ou sa cloche, pour faire sa musique :

    « C’est étrange, mais je dois à tout prix fuir l’atmosphère de la ville pour faire de la musique (même si j’adore vraiment vivre ici). »

    Une fois à l’intérieur (ou devrait-on dire à l’extérieur ?), elle n’est plus consciente de ce qui se passe. C’est le mystère de son mode de fonctionnement, quelque chose qu’elle ne peut pas expliquer. Qui ajoute simplement à la qualité aérienne de sa musique.


    Qu’elle ait cherché à recréer la structure de son premier LP ne fait qu’attester de la clarté de sa vision et de sa confiance dans son art. Une fois les paramètres établis, la magie peut opérer.

    Aventine est principalement constitué de piano, de chant (tous deux dus à Agnes Obel) et de violoncelle (joué par Anne Müller, déjà présente sur Philharmonics et qui fait partie de la formation scénique depuis 2009). Trois titres comprennent également du violon et de l’alto joués par Mika Posen, du groupe canadien Timber Timbre. Un morceau, « Pass them by », comprend de la guitare (jouée par Robert Kondorossi, qui jouait aussi sur Philharmonics) et « Fuel to Fire » voit l’apparition d’une harpe écossaise (jouée par Gillian Fleetwood).

    Agnes réussit une magnifique performance d’équilibriste en peignant des motifs plus complexes avec des coups de pinceaux plus épais, sans rien sacrifier de la légèreté de son être.




    L’album s’ouvre sur « Chord Left » - un pont engageant surplombant les eaux de Philharmonics – qui conduit à « Fuel to Fire », un titre qui donne le ton cinématographique du disque, zoomant sur les craquements et les crépitements des flammes, puis revenant à un plan d’ensemble jusqu’à ce que le feu ne soit plus qu’un minuscule point brillant dans un paysage sombre, impossible à distinguer.

    Aventine est une œuvre merveilleusement mélodique (même si Agnes prétend trouver difficile d’écrire des mélodies), captivante, ensorcelante, malicieuse.

    « The Curse », le premier single, sortira avant l’album Aventine lui-même.
    Considérez-le comme la bande-annonce de votre film préféré de l’année. De n’importe quelle année.

    Dans « Cent ans de solitude », Marquez a écrit à propos d’un village entier atteint d’amnésie. L’une des protagonistes trimballe avec elle un sac rempli des os de ses parents, où qu’elle aille. Elle a oublié ce que contenait le sac, elle sait juste qu’elle l’a toujours eu. Parfois la mémoire est une malédiction et l’oubli est une bénédiction déguisée.

    « The Curse » et « Run Cried the Crawling » sont les chansons qu’Agnes voit comme définissant le mieux Aventine dans son ensemble :

    « Pour moi, ce sont les deux chansons sur lesquelles je pense avoir été le plus près de l’idée initiale que j’avais quand j’ai commencé à faire l’album. Toutes deux très différentes de ce que j’avais fait avant mais, en même temps, complètement de la même famille. »

    « Run Cried the Crawling » entretient la sensation cinématographique qui se dégage du disque. Ça sera toujours un challenge de ne pas mentionner Twin Peaks, mais s’il y a une chanson qui évoque un cadavre dans une splendide région de lacs enveloppée d’histoires brumeuses, c’est bien celle-ci. Je suis bien dans tes bras chérie.


    Le deuxième album nous permet donc de tracer une courbe ascendante dans la trajectoire d’Agnes Obel. Un premier disque intemporel est rejoint par un deuxième, riche en références historiques. Nous voyons maintenant qu’Agnes, ou plutôt sa musique, serait à sa place à n’importe quelle époque – grésillant dans un jukebox de snack-bar dans les années cinquante, apaisant les âmes sixties à Woodstock, brillant comme un éperon d’argent dans le Nashville des seventies. Choisissez n’importe quelle décennie. Les années quatre-vingt ? Elle aurait conquis la scène acoustique pendant que la new wave se consumait. Tracez une ligne allant de Béla Bartók à Sandy Denny, d’Erik Satie à John Lurie (imaginez-là composant la musique des premiers films de Jim Jarmusch) :

    « Je voyais et j’entendais de plus en plus de liens entre toutes sortes de styles de musiques de différentes époques, surtout en dehors des genres dont j’aurais normalement pensé qu’ils étaient en relation avec ma musique. »

    La voix, bien sûr, est au cœur de tout ce qu’elle fait. Elle reste avec nous longtemps après que l’aiguille ait quitté les sillons du disque :

    « Pour moi, les sons ont toujours été plus intéressants que les mots. J’adore les moments où la voix devient un instrument et où on oublie presque que c’est une voix humaine. En même temps, je savais que je voulais être plus près de quelque chose que je pourrais considérer comme ma propre voix « parlée » dans les chansons, me rapprocher de quelque chose que je sens être mon propre état d’esprit, mon histoire et / ou ma voix. »


    On pourrait parler de techniques inhabituelles de cordes classiques, comme le col legno (qui consiste à frapper les cordes avec le bois de l’achet, produisant un son percussif doux et étrange, sur « The Curse », « Run Cried the Crawling », « Dorian ») ou le flageolet (jeu en harmoniques obtenu en plaçant le doigt sur la corde, sur « Pass them by » et « Run Cried the Crawling »), de la façon dont le violoncelle joue un rôle central, aux côtés de la voix et du piano (souvent un piano droit recouvert de feutre pour l’enregistrement), chercher des indices dans le titre (Aventine, la plus au sud des sept colonnes de Rome ?), mais peut-être n’y a-t-il pas besoin d’explications.
    La musique parle d’elle-même.
    Les mots sont morts.
    « Smoke and Mirrors » restaure la sérénité, avec une ondulation méditative sur le lac.

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