SKIP THE USE
Skip the Use se forme à Lille en 2007. Après avoir soutenu le groupe punk Carving pendant dix ans, le chanteur Matt Bastard fait équipe avec le compositeur et guitariste Yann Stefani. Jay Gimenez, Lio Rapsaert et Manamax Catteloin complètent la formation.
Remarqué par un éditeur lors d'un concert au Portugal, Skip the Use peaufine son premier album avec les producteurs Manu Guiot et Yves Jaget. Le résultat paru sur le label du groupe (Calysta) en octobre 2009, amène un rock puissant et néanmoins dansant. Le quintette entame une tournée nationale dans la foulée.
Après quelques trois cents concerts en deux ans, Skip the Use est courtisé par le label Polydor qui signe le groupe en pleine ascension. Les cinq rockers reprennent dans la foulée le chemin des studios pour enregistrer le diabolique Can Be Late mêlant titres originaux et morceaux de leur répertoire de scène réenregistrés pour l'occasion. Sorti en février 2012, Can Be Late symbolise le décollage des Lillois au niveau national voire international avec un son electro rock gonflé à l'helium comme en témoigne le premier extrait « P.I.L. ».
Loïc Picaud
1ère partie: Popopopops
mercredi 03 octobre 2012 20h00
Skip The Use
Can Be Late
Skip The Use. Littéralement, passer outre l’habituel. Autrement dit, bousculer l’ordre établi, bouger les lignes.
Bousculer l’ordre établi et divertir à tout prix, Skip The Use en a fait sa ligne de conduite. Son ADN.
Sa raison d’exister. C’est autour de ce leitmotiv qu’est né ce club des cinq d’un autre genre (Mat
Bastard au chant, Yann Stefani aux guitares, Jay Jimenez à la basse, Lio aux claviers et Manamax à la
batterie) il y a maintenant un peu moins de cinq ans. Véritable tornade, tant d’un point de vue visuel
que musical, Skip The Use ne cesse d’intriguer depuis.
Rewind… Tout a commencé il y a plusieurs années autour de Carving, un gang punk qui s’était forgé une belle réputation dans le nord de la France et pas seulement grâce à son leader-chanteurcompositeur- bondissant (dans cet ordre ou un autre). De Carving est ensuite né Skip The Use en 2008.
Cette nouvelle formation commença très tôt à marquer les esprits en insufflant sa furie punk à des riffs rock et métal, le tout pimenté de beats électro ou d’autres influences disco ou hip hop.
On s’attardera bien sûr sur les innombrables concerts donnés par Skip the Use, en France et à l’étranger depuis sa formation. Avec, au passage, beaucoup de sensations fortes comme ce fût le cas lors des premières parties de Rage Against The Machine, MGMT, The Hives, Mark Ronson mais aussi de Boys Noize ou de conclure en feu d’artifice une des trois soirées du festival Solidays en 2010.
Mais l’essentiel est ailleurs. Le plus important, le vrai départ de Skip The Use, c’est maintenant, aujourd’hui. Et cet aujourd’hui porte un nom, leur nouvel album Can Be Late. Enregistré à Bruxelles au studio ICP, cet album a été mixé par Manu Guiot (ingé son de l’émission « One Shot Not » qui a aussi travaillé pour les Sex Pistols, Mike Jagger ou Eurythmics pendant de nombreuses années) et Tim Goldsworthy (que l’on connaît notamment pour ses collaborations avec LCD Soundsystem et The Rapture) qui ont parfaitement su mettre leurs talents, qui ne sont plus à démontrer, au service de l’énergie du groupe. Il faut comprendre dans ce titre Can Be Late la volonté de prendre son temps alors que de nombreuses personnes s’impatientaient et réclamaient un nouvel album plus tôt. Skip the Use a tenu à peaufiner son affaire et lui donner une identité propre, tout en étant conscient qu’il était vain de chercher à retranscrire en studio l’énergie du live, cette dernière fut-elle leur carte de visite jusque là.
Faire danser et faire réfléchir. Au moins ne pourra-t-on pas reprocher à Can Be Late d’être en retard au niveau des ambitions. Car si les riffs et les beats sont importants chez Skip The Use, les mots le sont tout autant. Suggérés ou scandés.
Qu’ils parlent de Dieu menteur (« People In The Shadow »), évoquent l’envie de ne plus respecter certains carcans et donc certains horaires (Can Be Late), abordent l’écologie (« The Face »), s’arrêtent un instant sur le parcours d’un homme ayant tout perdu pour avoir confondu politique, pouvoir et violence sur « Fallin », Skip The Use n’a pas sa langue dans la poche. Et ce ne sont là que quelques exemples.
Que l’on ne se trompe pas pour autant. Si Skip The Use n’entend pas manquer une occasion « de l’ouvrir », ses envies de militance sont ailleurs. Divertir, rassembler, faire danser et transformer chacun de ses concerts une véritable expérience collective et interactive avec le public : ainsi se résument son sens de l’engagement et son ambition pour 2012.
À bien y réfléchir, on a déjà connu stratégie plus stupide pour recueillir une majorité de suffrages. Mais à la différence de beaucoup d’autres, Skip the Use tient et tiendra ses promesses pour vous entrainer, à coup sûr, dans son sillage dès le 6 février 2012.
Xavier Bonnet
Rolling Stone



