JEANNE ADDED

Chanteuse. Née en 1980, à Reims, Jeanne Added étudie le violoncelle et le chant lyrique au Conservatoire National de Région de sa ville natale puis le jazz à Paris. Elle participe aux stages de la compagnie Lubat à Uzeste, où elle rencontre Bernard Lubat et André Minvielle. Sans renoncer à ses études de chant lyrique au CNR de Reims, elle intègre, en 2001, le Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris, CNSMDP, où elle est la première chanteuse admise dans la classe de jazz, puis la Royal Academy of Music de Londres.


En 2005, à sa sortie du CNSM, elle se voit sollicitée par des musiciens au parcours aussi variés que Vincent Courtois, Denis Charolles, Riccardo Del Fra, Yves Rousseau, Laurent Dehors, Pierre De Bethmann, Edouard Ferlet, Jean-Philippe Viret, Manu Codjia, John Greaves. Elle devient ainsi membre actif de plusieurs groupes: le quartet "What do you mean by Silence?” de Vincent Courtois et du trio Yes Is A Pleasant Country en compagnie de Vincent Lê Quang (sax sop) et Bruno Ruder (p) (trio nominé aux victoires du jazz 2011).


Depuis 2008 et la commande du festival Vague de Jazz, elle se produit en solo, accompagnée de sa basse électrique, jouant un répertoire composé de chansons de sa composition ainsi que de quelques reprises.


En 2011, elle est invitée par le groupe the dø à faire leur première partie sur leur tournée d’automne, et sort son EP sur le label carton records, premier disque remarqué par Rock n’ Folk et Vibrations entre autres.


En 2009, toujours parallèlement à son activité en jazz et solo, elle monte Linnake, trio post grunge, où elle retrouve Julien Desprez à la guitare et Sébastien Brun à la batterie.


Elle compose et joue pour le théâtre : "Les Plaideurs" de Racine, "Marie Clothilde" et "Anatole Felde" d' Hervé Blutch, "Jouer Bartleby" et "l’Armoire" de Serge Added, avec la Compagnie Théâtre' Théâtre, et en 2010/2011, "la chute de la maison Usher", sous la direction de Sylvain Maurice de la cie Airelle.


Ces dernières années l’ont vue réduire sa participation à des projets jazz et musiques improvisées, pour se concentrer sur son répertoire solo. Elle aura joué toute cette saison 2012/13 en duo avec Marielle Chatain (the dø), une quarantaine de dates, ciblant de façon évidente le milieu des musiques actuelles, on aura pu l’entendre début 2013, invitée sur le dernier disque de Rachid Taha, pour une reprise remarquée d’Elvis «now or never».


En 2014, Jeanne a terminé l’enregistrement de son premier album « Be Sensational », réalisé par Dan Levy du groupe the dø.

Sélectionnée pour être la création des Rencontres Transmusicales de Rennes de l’année 2014 (5 dates début décembre en résidence au théâtre de l’Aire Libre), Jeanne s’apprête à sortir son premier album sur le label naïve en début d’année 2015.


Discographie:

Melc (2004 Baobab), Vincent Courtois 4tet "what do you mean by silence" (2006 Le Triton), Pierre de

Bethman 7tet “Oui” (2007 Nocturne), Le Bruit du [sign] “Heiko ou l’apparition du héros” (2008 Yolk), John Greaves “Verlaine” (2008 Le Chant du Monde), Yves Rousseau 6tet “Poètes, vos papiers! “ (2008 Le Chant du Monde), Outhouse (2008 Loop), "12 tales of Abbey Road" (2008 Mini Loop), Pierre de Bethmann "Cubique" (2009 Plus Loin), Linnake (2010 Carton), Le Bruit du [sign] "Yebuna

Seneserhat" (2010 Cobalt), Vincent Courtois 4tet "live in Berlin" (2011 Le Triton).

Solo :

EP solo, avec Maxime Delpierre (réalisation) et Gilles Olivesi (son) (2011 carton records).

« A War is coming » single (2014 naïve)


quand

lundi 25 janvier 2016 20h00

résumé

Elle fut la révélation des Transmusicales de Rennes 2014. Concert de louanges des médias présents, tous à l’unisson.

En effet, sa résidence à l’Aire Libre aura frappé les esprits.

En cinq soirs de live percutants,décochés en pleine tête, boostée par ses deux complices (Anne Paceo, batteuse en ébullition et Narumi Herisson,clavier de Tristesse Contemporaine) elle aura levé le voile sur une personnalité trop longtemps corsetée dans des univers trop polis.

Lors de ces furieux corps à corps, sa voix a éclaté, poignante et déterminée.

Mais avant d’en arriver là, Jeanne a suivi le parcours classique. Conservatoire, violoncelle, bande son des parents(Higelin, Klaus Nomi), la sienne (Prince, Led Zeppelin,Nirvana, Jeff Buckley) et puis bientôt le jazz «comme une récré».

En 2005, bardée de prix (CNSM, Royal Academy de Londres), elle passe «pro», se fait la main, ou plutôt la voix, avant de trouver la sienne. Elle fréquente aussi bien les premiers de la classe que les buissonniers du fond. Le violoncelliste

Vincent Courtois et le pianiste Pierre de Bethmann, les grands anciens comme John Greaves ou le petit nouveau Julien Desprez. «J’ai dit oui à tout et à tous. Chacun de ces projets m’a nourrie, et puis un jour j’en ai eu marre.»

Changement de fréquence : «chanter autrement». Entendre pas poliment, pas justement. Le premier essai en ce sens sera Linnake, power trio qui la connecte au rock. «J’ai ressenti un rejet assez violent de la jolie voix que j’utilisais jusque là, d’où le cri et la musique qui va avec.» Elle entame sa mue de vocaliste à chanteuse, la nuance a toute son importance : elle prend la parole.

Dans ce chemin, elle en repasse par le solo pour gagner confiance. Il est l’heure de ne plus chanter la musique des

autres, il est temps de se consacrer pleinement à l’écriture de la sienne. Elle prend alors le soin de prendre son temps, le temps de refuser d’autres opportunités. l’écriture lui demande du vide, «less is more»,mieux qu’une formule, un cap à suivre pour aller à l’essence.

Ses mélodies, elle les soumet à Dan Levy, la moitié de The Dø, avec lesquels elle tourne en première partie en cet automne 2011. De la rencontre naît l’idée du disque et le désir de le faire ensemble.

Ce sera un long processus d’allers retours, la transformation aboutie de sa prise de parole. Impossible d’enregistrer

en une semaine, son écriture évolue, s’étoffe au fil des mois, s’électronise, prend du corps dans les machines, pour

former peu à peu un autoportrait sincère d’une personnalité aussi forte que fragile.

Moins de quarante minutes séparent «A War is Coming» de «Suddenly», l’ouverture et la fermeture d’un album qui frappe d’emblée. Dix chansons qui tracent les contours d’une artiste qui a trouvé sa place. «Je n’aime pas les fioritures, je voulais des gestes simples et compréhensibles. Ces chansons, elles n’ont fait du bien quand je les ai

écrites, maintenant elles me font du bien quand je les chante.»

Sa voix y interroge, interpelle,s’élance, passe à l’action ,entre pop électronique et post punk tellurique, ballade cinématique et fièvre rythmique. Une bouffée d’air frais à couper le souffle.

Elle y parle d’intime, de nous, s’adresse à tous. En anglais, ce qui lui permet de mettre un peu de distance. Pas mal de pudeur dans ce recueil aux tonalités sombres mais d’où jaillissent les rais de lumière.

Comme tous, elle doit composer avec le monde qui l’entoure, mais elle croit en les gens, cette variable d’ajustement

qui peut encore être matière à enchantement.

«Be Sensational», comme une injonction dit

  • elle, sa façon de refuser les renoncements, d’avoir le courage d’être soi - même.