JESSYE NORMAN
Native d'Augusta, en Géorgie (Etats-Unis), où elle voit le jour le 15 septembre 1945, Jessye Norman grandit dans un environnement familial propice à la musique et fait ses gammes dans la chorale locale.
Diplômée de l'Université Howard à Washington DC en 1967, la chanteuse reçoit l'enseignement du baryton Pierre Bernac dans le Michigan puis, l'année suivante, remporte le concours de l'ARD à Munich (Allemagne). C'est à l'Opéra de Berlin que Jessye Norman fait ses débuts professionnels dans le Tannhäuser de Wagner. La jeune soprano enchaîne avec des rôles féminins principaux des opéras Aïda de Verdi, Alceste de Gluck ou Fidelio de Beethoven. En 1973, elle retourne aux Etats-Unis et se produit au Lincoln Center de New York.
En 1983, Jessye Norman pénètre dans l'enceinte du Metropolitan Opera de New York et y connaît la consécration en jouant le rôle de Cassandre dans Les Troyens de Berlioz. Invitée à la cérémonie d'investiture du président Ronald Reagan en 1985, elle est ensuite l'invitée d'honneur du président François Mitterrand lors des festivités du Bicentenaire de la Révolution française en 1989. La cantatrice américaine, ceinte dans une robe aux couleurs du drapeau tricolore, chante La Marseillaise sur la Place de la Concorde, devant des millions de téléspectateurs.
Devenue depuis l'une des rares superstars de l'opéra, Jessye Norman continue de se produire dans les salles les plus prestigieuses, et donne des galas où elle étend son répertoire à la musique populaire et au jazz. En 2000, elle consacre l'opus I Was Born In Love With You aux compositions chantées de Michel Legrand, avec le preincipal intéressé au piano, le contrebassiste Ron Carter et le batteur Grady Tate.
En mars 2001, six ans après un triomphe mémorable, Jessye Norman retrouve le public du Carnegie Hall de New York avec James Levine au piano. A cette occasion, le peintre américain David Hockney lui fait son portrait. En mars 2002, elle chante « America the Beautiful » lors d'un hommage aux victimes des attentats du World Trade Center. Après une collaboration avec le chorégraphe Bill T. Jones en 1999, la chanteuse travaille avec Trey McIntyre pour le Colorado Dance Festival.
En 2006, Jessye Norman reçoit un Lifetime Achievement Grammy Award, ce cinquième trophée récompensant l'ensemble de sa carrière. Honorée, statufiée, la chanteuse arrête l'opéra pour se consacrer à des récitals et concerts de gala, et autres enregistrements thématiques (Roots: My Life, My Song en 2010). L'amphithéâtre de sa ville natale porte désormais son nom.
Loïc Picaud
mardi 26 juin 2012 20h00
Jessye Norman interprète Duke Ellington, Leonard Bernstein et George Gershwin.
Avec Marc Markham au piano.
Jessye Norman est l’une des sopranos les plus célèbres au monde, avec l’une des plus belles voix de la musique. Son dernier album Roots : my life, my song offre un voyage musical reflétant la vie fascinante d’une cantatrice lauréate de cinq Grammy Awards – une vie qui a fait de la pauvre étudiante en musique l’artiste classique féminine la plus acclamée et appréciée internationalement depuis Maria Callas.
On se souvient de Jessye Norman, diva d’exception chantant La Marseillaise avec une émotion rare le soir du bicentenaire de la Révolution Française, drapée dans les couleurs de notre drapeau. Et c’est toujours avec émotion que l’on (re)vient voir Jessye Norman, dont chaque concert nous rappelle qu’elle est « l’une de ces chanteuses uniques au sein d’une génération qui ne se contentent pas de marcher sur les traces des autres, mais qui définissent leur propre place dans l’histoire du chant ». Jessye Norman a récemment été honorée par le président Barack Obama, qui lui a décerné la Médaille nationale des arts pour ses réalisations artistiques exceptionnelles. La Médaille nationale des arts est la plus haute distinction américaine dans le domaine artistique.
« Les Fleming, Dessay, Bartoli, Hendricks et autres Gheorgiu n'y pourront rien faire : il n'est de diva que Jessye Norman. Mélange de léonin magnétisme et de malice enfantine, de rigueur hautaine et d'impalpable légèreté, la soprano américaine incarne plus que toute autre l'image inconsciente de la chanteuse lyrique. A l'instar d'un Caruso, d'un Pavarotti, d'un ¬Alagna, elle illustre également le mythe de la success-story, qui voit un artiste d'ampleur mondiale surgir du milieu le plus modeste. » Le Figaro






